Pour l’avionneur européen, les perturbations telles que les conflits régionaux ou la hausse des prix du carburant, n’entament pas la demande sur le long terme.
Comme elle semble loin l’époque où, en pleine vague du Covid, les observateurs prédisaient la chute du trafic aérien dans le monde grâce à la prise de conscience collective sur les questions environnementales et sociétales. Non seulement, le nombre de passagers est déjà supérieur à l’ère pré-pandémique mais selon la plupart des acteurs du secteur, tout porte à croire que l’aviation civile a de très beaux jours devant elle.
Dans une note de prévisions pour la période 2025-2045, Airbus table sur une croissance annuelle du trafic passagers de 3,9%, « d’ici 2045, le trafic aérien aura plus que doublé pour atteindre environ 10 milliards de passagers par an ». Une prévision assez proche de celle de la IATA, l’association internationale de l’aérien qui prévoit une croissance annuelle de 3,3%.
Pour l’avionneur européen, cette croissance sera d’abord portée par l’émergence d’une classe moyenne forte, essentiellement en Asie. « D’ici 2045, la classe moyenne, segment démographique le plus enclin à prendre l’avion, s’enrichira de 1,4 milliard de personnes (+34%). Le trafic aérien mondial est solide et intrinsèquement lié à la croissance économique mondiale ainsi qu’au désir de voyager des populations », peut-on lire.
La Chine deviendra le premier marché de l’aérien
« L’essor des classes moyennes et des diasporas favorisera l’émergence de nouvelles liaisons entre villes, rendues économiquement viables grâce à l’efficacité croissante des avions et à l’augmentation du volume de passagers », poursuit Airbus. « Le nombre de centres urbains de taille modeste augmentera à un rythme près de trois fois supérieur à celui des grandes métropoles, reflétant l’évolution de la répartition des populations urbaines et l’accroissement des diasporas ».
« Les flux de trafic se transforment sous l’effet de la forte croissance d’économies en développement telles que l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie et la Malaisie. Parmi les évolutions marquantes figurent l’intensification des migrations internationales et des voyages pour rendre visite à de la famille ou des amis », explique encore Airbus.
En 2045, le plus grand marché dans le transport aérien deviendrait ainsi celui intérieur à la Chine, dépassant les États-Unis. Le troisième serait celui intérieur à l’Inde, devant les lignes reliant deux aéroports d’Europe de l’Ouest. Le marché transatlantique Nord descendrait en cinquième position.
45.550 avions dans le ciel en 2045 contre 23.300 aujourd’hui
La confiance est telle que l’industriel estime que les vents contraires comme « les conflits régionaux ou la hausse des prix du carburant, n’entament pas la demande sur le long terme ». Interrogé par l’AFP lors d’une visioconférence sur la possibilité que les dérèglements climatiques poussent les gouvernements à plafonner la croissance d’un secteur fortement émetteur de gaz à effet de serre, le directeur de l’analyse de marché Antonio Da Costa a répondu qu’Airbus n’intégrait pas ce facteur…
« C’est une prévision de la demande, donc nous faisons des prévisions en nous basant sur ce que nous pouvons déchiffrer des tendances économiques, démographiques, et fondamentalement des tendances sociétales », a-t-il déclaré. « Évidemment, s’il y avait d’autres restrictions, quelles qu’elles soient, cela changerait cette prévision », selon lui.
Ces prévisions constituent un moteur pour la construction d’avions. Les compagnies déjà avides d’appareils neufs pour renouveler leurs flottes devraient continuer à solliciter les constructeurs (encore faut-il les livrer en temps et en heure). Alors que 23.310 appareils de plus de 100 places étaient en service dans le monde en 2025, Airbus estime qu’ils seront 45.550 vingt ans plus tard. « La stratégie produit d’Airbus reflète la demande du marché. En témoigne le carnet de commandes record d’Airbus, qui compte quelque 9.000 appareils », se félicite le groupe.
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