Depuis quelque temps, la problématique autour de la longévité s’est subtilement déplacée. Il s’agit moins de parvenir à vivre le plus vieux possible, que de parvenir à vieillir en restant au maximum en bonne santé. Tout récemment, une étude (voir le Lire aussi) a tenté de scruter les différences biologiques caractérisant les “supervieux“, ces seniors qui ont un corps de 80 ans mais un cerveau de 50.
Dans la droite ligne de ce travail, une publication américaine dans Neurology Open Access, vient de montrer que trois facteurs semblent plus particulièrement associés à un vieillissement précoce du cerveau et que les éviter permettait à votre matière grise de retarder de 13 ans, la dégénérescence cognitive et la démence.
L’étude a impliqué 12.409 personnes âgées en moyenne de 56 ans et exemptes de démence. Elles étaient classées selon trois facteurs de risque: pression sanguine élevée, diabète et consommation de tabac.
Le cumul des trois facteurs de risque semble mauvais pour le cerveau
Les candidats ont été suivis 26 ans en moyenne, durant lesquels 3008 d’entre eux ont développé une démence et 5238 sont décédés sans en avoir souffert.
Le résultat semble sans appel, bien qu’il ne montre qu’une association et non pas une causalité entre ces facteurs et la longévité neuronale. Eviter ces 3 facteurs de risque ne garantit ainsi pas que votre cerveau se dégradera moins vite. De plus, l’étude ne quantifie pas si un individu a évolué dans son comportement au cours de la vie. S’il a arrêté de fumer plusieurs fois, avant de reprendre, s’il a fait plusieurs régimes etc. L’évaluation de ces risques n’a été faite qu’une seule et unique fois.
Néanmoins, il s’avère que les personnes n’ayant eu aucun des 3 facteurs de risque ont vécu 13 ans de plus avec un cerveau en bon état que ceux qui ont développé les trois. Dit autrement, ceux sans facteurs de risque ont vécu en bonne santé mentale 3 décennies en moyenne après le début de l’étude. Pour ceux qui ont fumé, qui avaient un diabète ainsi que de l’hypertension, le répit avant l’apparition des premiers troubles neurocognitifs n’aura été que de 17 ans et demi.
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Une différence entre hommes et femmes et entre blancs et noirs
L’étude a pu également constater qu’en moyenne, les femmes développaient plus tardivement ces troubles neurologiques.
Si elle cumulait les trois facteurs de risque, une femme vivait sans démence durant un peu plus de 18 ans, soit un an et demi de plus qu’un homme.
Autre enseignement: les participants blancs vivaient plus longtemps que les noirs sans développer de démences. 19 ans et demi pour les premiers, 16 ans pour les seconds.
Pour l’un des chercheurs Joseph Coresh, de la faculté de médecine de l’université de New York : “Nous espérons que ces résultats encourageront les gens à cesser de fumer, à surveiller leur taux de sucre dans le sang ainsi que leur pression artérielle une fois franchie la cinquantaine. Et sans oublier, bien évidemment, de se nourrir sainement et de pratiquer une activité sportive…“
Source:
www.sciencesetavenir.fr






