Kyiv, le 22 avril 2026,
Chères lectrices, chers lecteurs,
Le mois est très vite passé, entre travail, migraine et vie de famille. Je ne sais pas si vous en entendez parler, mais les horribles bombardements de nos villes continuent. Désormais, c’est comme si je sentais, quelques jours à l’avance, quand une attaque allait arriver. Mes amis me disent aussi que leur angoisse augmente de jour en jour à l’approche d’un raid. Sans doute est-ce en raison de leur rythme, à peu près régulier : une fois toutes les deux semaines, en général. C’est dingue comme tu peux t’habituer inconsciemment à une telle routine.
Il y a quelques jours, le 18 avril, dans le sud de Kyiv [Kiev, en ukrainien], a eu lieu un événement qui ne fait pas du tout partie de notre routine. Mais qui, dans mes plus grandes peurs, pourrait le devenir. Un ancien militaire ukrainien venu de Bakhmout, dans la région de Donetsk, a ouvert le feu dans la rue sur des civils. Il avait une arme automatique légalement détenue, il est entré dans un supermarché et a pris des gens en otage. Sept personnes sont mortes, 14 sont blessées, dont un enfant.
Le Service de sécurité ukrainien a ouvert une enquête pour « acte terroriste » et les informations sur cette fusillade ont envahi nos médias : à propos de cet homme au passé pas très clair et qui avait apparemment des positions prorusses (d’après les infos qui circulent au moment où j’écris), à propos des victimes et aussi concernant le comportement de certains policiers sur place qui se sont enfuis en entendant les tirs.
Il vous reste 84.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr



