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A la Une de la presse, ce mardi 16 juin, la suite des réactions, aux Etats-Unis, à l’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre en Iran. Un accord accueilli avec inquiétude au Liban et en Iran. Le combat d’une Franco-vietnamienne contre les multinationales responsables de l’épandage d’agent orange pendant la guerre du Vietnam. Le bel exploit du Cap-Vert face à l’Espagne au Mondial. Et la mobilisation en faveur de Christophe Gleizes.
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A la Une de la presse, la suite des réactions, aux Etats-Unis, à l’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre en Iran.
Une question taraude la presse américaine: quid du nucléaire iranien? Pour The Washington Post, «Trump revendique une victoire, mais l’accord qu’il a conclu ne dit rien» sur les «ambitions nucléaires» de l’Iran, «reportées à des négociations ultérieures». «Trump a promis que l’Iran n’aura pas l’arme nucléaire: son accord risque de ne jamais tenir cette promesse», redoute Politico. Un sentiment partagé par le directeur de la CIA, selon Axios, qui affirme que ses doutes sont partagés notamment par le secrétaire d’Etat JD Vance et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth. Le site américain évoque un «deal» selon un modèle de «rémunération au résultat», d’après lequel l’Administration Trump «serait prête à autoriser la création d’un fonds d’investissement de 300 milliards de dollars pour l’Iran si Téhéran accepte un règlement final mettant fin à la guerre, incluant un accord nucléaire». Des informations démenties par Donald Trump cette nuit.
Cet accord provoque des doutes aux Etats-Unis et des inquiétudes au Liban. D’après L’Orient Le Jour, les États-Unis «reconnaissent implicitement l’Iran comme une puissance régionale», ce qui pourrait se traduire à la fois par une plus grande «intransigeance israélienne» et un renforcement du Hezbollah – une situation où le Liban se retrouverait «pris en étau». «Beaucoup de choses ont pris fin, sauf notre douleur, notre souffrance et nos blessures. Les rêves et les espoirs ont brûlé et ne reviendront plus»: dans Le Figaro, des internautes iraniens, contactés à travers un internet encore capricieux, expriment eux aussi leur angoisse face à un accord qui les laisse livrés à eux-mêmes. Des Iraniens plus seuls que jamais, mais qui continuent à protester contre le régime, malgré la répression. Le site d’opposition Iranwire fait état de manifestations dans plusieurs villes du pays, dimanche, de retraités exigeant la libération des militants emprisonnés et une action urgente pour régler leurs problèmes de subsistance.
Dans la presse, également, le combat judiciaire d’une Franco-vietnamienne contre les multinationales qui ont fabriqué l’agent orange et empoisonné, avec elle, des millions de personnes pendant la guerre du Vietnam. Reporterre, le magazine de l’écologie, revient sur la bataille menée depuis plus d’une décennie par Tran To Nga, dont la Cour de cassation examine aujourd’hui le recours contre Bayer-Monsanto, Dow Chemical et douze autres multinationales, qui ont fourni à l’armée américaine ce défoliant ultratoxique dans les années 60. Agée de 84 ans, cette femme tenace, dont le combat est également relayé par L’Humanité, se bat contre l’argument selon lequel ces entreprises n’auraient fait que répondre aux appels d’offre des États-Unis. D’après L’Huma, son recours est aussi suivi de près par d’autres victimes, du chlordécone aux Antilles et des agriculteurs empoisonnés aux pesticides, car une décision favorable établirait que la justice française peut tenir tête aux multinationales. Si son pourvoi en cassation échoue, Tran to Nga a déjà fait savoir qu’elle saisira la Cour européenne des droits de l’Homme.
Un mot, aussi, de la première grosse sensation du Mondial: le match nul historique, hier, 0 à 0, entre le Cap-Vert et l’Espagne. Pour le tout premier Mondial de leur histoire, les Requins bleus ont fait fort, très fort, en particulier leur gardien, Josimar Dias, dit Vozinha, élu homme du match, et dont l’émotion fait la Une ce matin du Guardian. Une émotion liée aussi au fait que la mère de Vozinha n’a pas pu assister à son exploit, faute de moyens. D’après le quotidien britannique, elle n’avait pas les 15000 dollars de caution exigés pour décrocher le visa américain destiné aux résidents capverdiens.
Josimar Vozinha devient l’espace d’un match la sensation de la presse internationale. The Washington Post raconte la belle histoire de ce joueur de 40 ans, qui a tenu la puissante Espagne en échec à deux semaines de l’expiration de son contrat avec un club portugais de deuxième division. A Naçao, le journal du Cap-Vert, le présente comme un «héros national» qui «restera certainement dans les mémoires pour sa performance et ses sept arrêts incroyables».
On espère qu’elle réalisera elle aussi une «performance incroyable»: la France a rendez-vous ce soir avec le Sénégal. Est-ce une référence à l’immense Patricia Kaas? Pour l’occasion, L’Equipe invite les Bleus à entrer dans la lumière», en rappelant le souvenir fâcheux de leur défaite en ouverture du Mondial 200 face à des Sénégalais gonflés à bloc. Le «Coq» sera-t-il de nouveau au menu des Lions de la Teranga? Le journal sénégalais Le Soleil y croit, l’espère. Que le meilleur gagne, évidemment. En attendant, je rejoins nos confrères qui ont brandi hier une écharpe «Free Gleizes» avant la conférence de presse de l’équipe de France, pour rappeler le sort réservé à Christophe Gleizes. Ce journaliste sportif français, détenu en Algérie depuis mai 2024, a été condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme», alors qu’il enquêtait sur un club de foot local. A lire dans Le Monde.
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