De mars à septembre, le même scénario se rejoue sur les plages de Martinique, de Guadeloupe et de la Guyane. La mer pousse vers le rivage d’immenses radeaux d’algues brunes qui s’échouent par milliers de tonnes, recouvrent le sable et, en pourrissant, dégagent une odeur d’œuf pourri qui prend à la gorge.
Ces algues, ce sont les sargasses. En pleine mer, elles n’ont pourtant rien de menaçant : elles flottent depuis toujours dans l’Atlantique Nord, où elles forment un refuge précieux pour quantité d’espèces marines. Le problème, c’est qu’elles ont changé d’échelle.Depuis 2011, elles prolifèrent et s’échouent massivement sur les côtes caribéennes, au point de dessiner une ceinture longue de plusieurs milliers de kilomètres, parfois visible depuis l’espace. On parle aujourd’hui de plus de 200 millions de tonnes accumulées sur la zone touchée.
Une fois à terre, ces algues deviennent un casse-tête sanitaire, écologique et économique : gaz toxiques, plages désertées, écoles fermées, pêcheurs à l’arrêt. Et le plus troublant, c’est que les scientifiques peinent encore à tout expliquer : pourquoi maintenant, pourquoi autant, et pourquoi de façon si irrégulière d’une année sur l’autre ?
Que sait-on, au juste, de cette invasion ? Et surtout, comment apprend-on à vivre avec elle, voire à en tirer quelque chose ?
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