L’équipe d’organisation du Festival d’Annecy et de son Marché du film attendaient l’évènement avec la plus grande impatience : pendant trois jours, de vendredi 19 à dimanche 21 juin, la Venise des Alpes inaugure sa toute nouvelle Cité internationale du cinéma d’animation. Le parc de l’ancien Haras national, qui s’étend sur 2,7 hectares en plein cœur de la ville, va désormais proposer tout au long de l’année des activités liées à l’image par image.
Le site, entièrement rénové, a nécessité un chantier dont le coût n’a fait qu’augmenter au fil des années en raison de l’inflation, pour s’établir finalement à 54,5 millions d’euros. Mais l’investissement permet à la ville et au département de se doter d’un ensemble unique au monde : un musée riche de collections patrimoniales inégalables ; des espaces d’expositions temporaires d’une superficie totale de plus de 800 m² ; des ateliers d’initiation à l’image par image ; une villa accueillant une résidence d’artistes ; et, bien sûr, une salle de projection.
Pour ce lancement, nombre de grands noms du septième art ont répondu présent – Michel Ocelot, Audrey Tautou, Natalie Portman, Alfonso Cuaron, Florence Miailhe, entre autres – tandis que des studios comme Ankama, DreamWorks, LAIKA ou Sony Pictures Animation ont décidé d’accompagner le projet. France 24 a rencontré Peggy Zejgman-Lecarme, directrice Culture de Citia, l’établissement public qui chapeaute la Cité.
France 24 : Pourquoi avoir créé une Cité internationale du cinéma d’animation ?
Peggy Zejgman-Lecarme : Jusqu’à présent, Annecy était la capitale mondiale du cinéma d’animation une semaine par an, pendant le Festival. Avec la Cité, elle le devient toute l’année.
Citia, l’établissement public à caractère culturel qui organise le Festival, réalise depuis des années un travail de fond – c’est un peu la partie invisible de l’iceberg – autour de nos trois grandes missions que sont l’économie, la formation/l’éducation, et la culture. Il devenait important d’avoir un lieu qui puisse incarner ce travail effectué tout au long de l’année et le développer.
L’histoire du Festival remonte à 1960 et il existe depuis très longtemps énormément de choses sur l’éducation à l’image – depuis plus d’une vingtaine d’années, et même avant, puisqu’il y avait déjà des séances scolaires pendant le Festival dans les années 1960-1970. À Annecy, nous faisons également un important travail d’accompagnement de la filière de l’image, notamment à travers Les Papeteries – Image Factory [un espace de 7 200 m² accueillant notamment une pépinière d’entreprises et des formations, où près de 600 personnes travaillent et étudient, NDLR].
Que peuvent découvrir les visiteurs du Musée du cinéma d’animation et de son exposition permanente ?
Le choix défendu a été de sortir d’une vision chronologique et de travailler plutôt par thématiques. Il y a des espaces consacrés au pré-cinéma, à la matière, à la ligne, aux techniques… L’exposition permanente propose aussi la découverte d’univers de grands et grandes cinéastes. Ces espaces se répondent et on a la possibilité de faire la visite de façon complètement libre : il n’y a pas de parcours à suivre.
Le musée sera extrêmement vivant, puisque la fragilité même des œuvres nécessite une rotation des collections. L’exposition permanente pourra donc être régulièrement revisitée : tous les six mois, de nouvelles œuvres seront présentées.
Et du côté des expositions temporaires ?
Pour notre première « Grande exposition », nous avons eu la chance de travailler avec Ankama, un studio dont l’histoire et les 25 ans de développement racontent une success-story à la française. C’était important pour nous de présenter un studio français.
Sur les 650 m² du Manège, nous avons essayé de faire une exposition ambitieuse, à la hauteur de ce qu’on peut voir dans n’importe quel lieu culturel national, ce qui impliquait un partenariat là aussi ambitieux – une coproduction avec Ankama.

Dans l’autre exposition temporaire, nous sommes très heureux de pouvoir montrer le travail d’un studio américain, LAIKA, qui fait de la stop-motion [l’animation en volume, NDLR].
Comment vont interagir les différentes entités de la Cité ?
Au-delà des espaces d’exposition, la Cité inclut une salle de cinéma ouverte à l’année, avec une programmation majoritairement de cinéma d’animation ; le « Grenier à images », avec des propositions d’éducation à l’image, d’éducation artistique et culturelle, qui s’adresseront d’abord à la jeunesse et aux scolaires, mais qui pourront accueillir des groupes de tous les âges ; enfin, une résidence d’artistes qui va ouvrir à l’automne, dans une villa qui pourra accueillir jusqu’à quatre personnes, pour le développement de longs métrages d’animation.
Visite de la Cité internationale du cinéma d’animation pendant les derniers mois de chantier
C’est passionnant d’avoir plusieurs lieux culturels au même endroit parce qu’on peut faire des propositions qui peuvent se répondre, en écho. Les expositions pourront se prolonger dans la programmation du cinéma ou dans les ateliers ; les personnes participant à la résidence d’artistes pourront de leur côté avoir des cartes blanches.
Par la diversité et la complémentarité des offres culturelles, nous pourrons nous adresser à des publics différents, et même aller chercher de nouveaux publics, pas forcément intéressés par l’animation. La Cité porte cette promesse.
Source:
www.france24.com



