C’est un mauvais remake des « Dents de la mer » qui s’est tenu dans le Doubs. Au cœur d’une base nautique où plongent chaque jour des centaines de baigneurs, une fillette de 9 ans a été mordue au niveau du pied. Si le suspect n’a rien du grand requin blanc, comme l’animal représenté dans le film de Steven Spielberg en 1975, il pourrait s’agir d’un brochet d’après des spécialistes qui qualifient l’attaque « d’exceptionnelle ».
La scène s’est produite au cœur de l’après-midi, mercredi dernier. La petite Aimy, 9 ans, se trouvait sur sa bouée en forme de flamant rose, à proximité d’un plot jaune délimitant la zone de baignade. « Elle est descendue de sa bouée et a senti quelque chose de gluant l’attraper au niveau du pied », raconte sa maman, Alexandra Dromard. La fillette est immédiatement remontée sur son embarcation, avant de se diriger vers la plage en criant. « J’ai vu deux grosses plaies sur son pied et le sang qui coulait. On pouvait la suivre à la trace sur la plage, c’était très impressionnant. »
Un traitement antibiotique lourd
La famille a pris la direction de l’hôpital de Besançon pour soigner la petite victime. « Au départ, les médecins pensaient qu’il s’agissait de coupures liées à la présence d’un objet tranchant dans l’eau. Quand ils ont nettoyé la plaie, ils ont vu que la chair n’était pas coupée mais déchirée, avec des traces de cisaillement, confie la mère de famille. Sa blessure a nécessité la pose d’une vingtaine de points de suture, sur la partie intérieure et extérieure du pied. » La petite fille doit suivre un traitement antibiotique lourd pour éviter tout risque d’infection.
« Elle devra subir des examens complémentaires pour vérifier la profondeur de ses blessures, mais actuellement, elle se repose à la maison et elle est dispensée d’école. Un infirmier va venir à la maison dans les jours qui suivent et elle devra effectuer de la rééducation dans quelques semaines. » Sa mère pense à un suivi psychologique afin d’évacuer ce mauvais souvenir. « C’est la personne qui s’occupe de la baignade qui me l’a conseillé. Elle prend des nouvelles tous les jours et n’a pas hésité à aller fouiller le fond de l’eau avec son masque. »
« Il y avait une chance sur un milliard pour que ça arrive »
Cette personne s’appelle Maxence Couret et, avec une quinzaine de salariés, il gère la sécurisation des visiteurs sur le site. « Nous avons déjà eu des baigneurs qui ont marché sur une perche ou un poisson-chat, et ont été piqués par les épines, mais jamais de morsure », confie le directeur. Avec son masque, il est descendu dans le fond du plan d’eau pour tenter d’identifier la présence d’un objet tranchant. « J’ai regardé, remué le fond, mais je n’ai rien vu. Nous avons pris contact avec la Fédération de pêche, afin d’identifier l’animal. En observant les plaies, on pense qu’il s’agit d’un brochet d’une taille importante. D’habitude, le poisson est effrayé, mais elle est peut-être tombée le pied dessus. »
Le directeur du site ne prévoit pas d’éventuelles mesures dans les prochains jours. « On ne va pas mettre des filets en mode Alerte à Malibu. On est dans un étang, avec des poissons, et il y avait une chance sur un milliard pour que ça arrive », conclut Maxence Couret. En 2022, de l’autre côté de la frontière, une femme avait été blessée à la cheville en nageant dans un lac du côté de Berne. Là encore, en observant les traces laissées sur la peau de la victime, les pêcheurs locaux avaient attribué l’attaque à un brochet.
Source:
www.leparisien.fr



