La fédération tunisienne n’a pas longtemps fait planer le doute sur le nom du remplaçant de Sabri Lamouchi, limogé après la déroute spectaculaire face à la Suède (5-1) lors de son entrée en lice au Mondial 2026. Elle a appelé à la rescousse Hervé Renard pour aider les Aigles de Carthage à reprendre de la hauteur dans cette compétition.
Décrit par ses proches comme « un technicien bûcheur, devenu aujourd’hui l’entraîneur français en poste à l’étranger le plus emblématique », Hervé Renard peut compter sur sa riche expérience pour inverser la tendance de sa nouvelle équipe.
En tant que joueur, Hervé Renard n’a jamais réellement connu le haut niveau. Ce défenseur de métier n’a même disputé qu’un seul match de Ligue 1 (à l’époque Division 1). Lorsqu’il raccroche les crampons, il monte une entreprise de nettoyage de villas sur la Côte d’Azur et commence à entraîner le modeste club amateur de Draguignan où il a terminé sa carrière.
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C’est la rencontre avec Claude Le Roy qui va faire basculer son destin. Le légendaire « sorcier blanc » lui propose de devenir son adjoint en Chine au Guizhou Renhe. Hervé Renard passe ses diplômes d’entraîneur, fait un détour par le Vietnam, puis rejoint à nouveau son mentor lorsque celui-ci pose ses valises à Cambridge en D4 anglaise.
En 2008, Claude Le Roy lui fait découvrir l’Afrique : le duo emmène le Ghana sur la troisième marche du podium à la CAN 2008. C’est sur ce continent qu’il se taillera sa réputation : avec la Zambie, il écrit l’histoire. Lors de son premier passage (2008-2010), il les emmène en quart de finale. Lors de son deuxième (2011-2013), il permet au pays d’Afrique australe de remporter la première CAN de son histoire, en 2012. Trois ans plus tard, il récidive avec la Côte d’Ivoire à la CAN-2015. Il qualifie sa sélection suivante, le Maroc, pour la Coupe du monde 2018.
Un jour à Doha
Son succès en Afrique attire le regard de l’Arabie saoudite qu’il commande à partir de 2019 et qu’il parvient à qualifier pour la Coupe du monde 2022. C’est lors de ce tournoi qu’il réalise sans doute l’exploit le plus important de sa carrière.
À la mi-temps de son premier match de la compétition, les Faucons perdent déjà 1-0 face à l’Argentine de Lionel Messi. C’est à lui de galvaniser ses joueurs démoralisés pour accomplir une remontada improbable. Son discours, largement repris sur les réseaux sociaux, fait aujourd’hui partie de la légende de la Coupe du monde.
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« Les gars, qu’est-ce qu’on fait ici ? » C’est ça le pressing ? Le pressing, ça ne veut pas dire qu’il faut jouer haut ! », reproche-t-il tout en faisant les cent pas. Déplorant l’attentisme de ses joueurs face au danger Messi, il assène : « Prenez vos téléphones et faites des photos avec lui si vous voulez ! »
Passé la séquence reproches, il mobilise son équipe : « Avec le ballon, vous avez été bons. Vous avez vu ce que vous avez fait ? Vous ne sentez pas quelque chose ?, leur demande-t-il. De quoi inspirer ces joueurs et renverser les futurs champions du monde sur le score de 2-1.
Néanmoins, l’Arabie saoudite ne parvient pas à sortir de ce groupe de la mort suite aux deux revers infligés par le Mexique et la Pologne.
Un retour à la maison et une nouvelle aventure saoudienne
En mars 2023, il s’essaye dans un contexte différent, le football féminin. Il succède à Corinne Diacre à la tête de l’équipe de France et entame les préparatifs pour la Coupe du monde en Australie. Il mène une génération de joueuses avec le talent pour rêver du sacre mais échoue cruellement en quart de finale du Mondial 2023 après une séance de tirs au but irrespirable face aux hôtes. Son équipe échoue au même stade aux Jeux olympiques de Paris 2024, marquant la fin de son séjour en France.
En vue du Mondial 2026, il retourne aux commandes de la sélection saoudienne en octobre 2024, et entame la campagne de qualification. Une mission réussie et pourtant il ne figure pas sur le banc des Faucons puisqu’il est limogé en avril suite à deux défaites en matches amicaux face à l’Égypte et à la Serbie.
C’est donc avec la Tunisie, désormais sa septième sélection nationale, qu’il va vivre sa quatrième Coupe du monde. « Lorsque la fédération m’a contacté, je n’ai pas hésité une seule seconde. La Coupe du monde c’est le plus grand évènement sportif du monde », a assuré cette semaine Hervé Renard, même si cette situation, d’arriver en plein Mondial, est une rareté.
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L’homme réputé pour accomplir des miracles avec les petites sélections tentera, dimanche, de reproduire avec les Aigles de Carthage ce qu’il avait réussi avec la Zambie en 2012.
Source:
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