Malgré deux défaites, la Turquie de Kenan Yıldız reste en course avant son dernier match contre les USA le 26 juin. GQ a rencontré, avant la Coupe du monde, le joueur de la Juventus de Turin pour une interview exclusive.
GQ : Enfant, vous imaginiez qu’un jour vous porteriez le maillot n°10 de la Juventus et que vous seriez au cœur du retour de la Turquie en Coupe du monde après 24 ans d’absence ? À quoi pensiez-vous à l’époque ?Kenan Yıldız : Enfant, je rêvais simplement de devenir un grand joueur de football, je savais que je voulais pratiquer ce sport à haut niveau. La réalité magnifique dans laquelle je suis aujourd’hui dépasse de très loin tout ce que j’avais pu imaginer.
Vous êtes né en Allemagne et vous avez choisi de faire partie de l’équipe nationale turque. Aujourd’hui, vous êtes l’une des nouvelles figures de la Juventus, en Italie. Comment parvenez-vous à vous définir entre ces trois cultures ; où vous sentez-vous “chez vous” ?L’Allemagne est le pays dans lequel je suis né et dans lequel j’ai été élevé ; j’y ai appris la discipline, l’ordre, et une certaine éthique du travail. Je porte la Turquie dans mon cœur ; elle est le pays de mon père, l’équipe nationale dont j’ai choisi d’endosser les couleurs. Je m’y sens à ma place. C’est en Italie, à Turin précisément, que je m’épanouis aujourd’hui en tant que personne et en tant que footballeur. Je me sens chez moi dans ces trois pays. Parce que ma famille n’est jamais loin.
© Mattia Guolo
Le numéro 10 de la Juventus est un symbole culturel fort, bien au-delà du football. Que signifie ce maillot pour vous ?Le numéro 10 de la Juventus n’est pas un maillot comme les autres. On le sent tout de suite, parce qu’on connaît l’histoire du club et des joueurs qui l’ont porté par le passé. Pour moi, c’est un immense honneur et une grande responsabilité. Honnêtement, je préfère éviter de trop penser au poids de ce maillot. Parce que je dois malgré tout me concentrer sur mon propre jeu, inventer ma manière de faire du football, et contribuer à l’effort de l’équipe. Mais en même temps, je suis très conscient du fait que quand on porte ce numéro, on doit tout donner pour le club, pour les supporters, et pour tous ceux qui croient en nous.
En quittant le Bayern de Munich pour rejoindre la Juventus, vous avez sans doute pris la décision la plus importante de votre carrière. Avec le recul, qu’est-ce qui, selon vous, a guidé cette décision ?Choisir la Juventus n’était pas simplement une décision professionnelle. C’était aussi une question de confiance. J’ai senti que ce club m’apporterait une vision forte. Ils ont cru en moi et en potentiel, ils m’ont ouvert une voie que j’ai pu explorer pas à pas. Il est capital, pour un jeune joueur, de se savoir entouré par des gens qui y croient, pas seulement quand on fait de bonnes performances, mais tout au long du chemin. La Juventus m’a tout de suite donné cette confiance. C’est pourquoi le club et la ville de Turin occupent une place si particulière dans ma vie. J’y ai trouvé l’endroit idéal pour m’épanouir, en tant que footballeur et en tant que personne.
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