Le phénomène a précédé le tournoi de plusieurs semaines. Le 2 mai dernier, un utilisateur a posté sur X une courte vidéo sous le titre « une Coréenne ordinaire », représentant une jeune femme dans les tribunes d’un match de baseball de la KBO, la ligue sud-coréenne. La séquence a cumulé une quinzaine de millions de vues. Le filigrane « KingAI3.0 » intégré dans l’image a permis aux fact-checkers de l’identifier rapidement comme une fabrication. Le commentaire accompagnant la vidéo, jugé sexiste, a par ailleurs été dénoncé sur Instagram.
Depuis cette publication, les réseaux véhiculent ouvertement les techniques de reproduction. Des influenceurs commercialisent des packs de prompts prêts à l’emploi. Avec CapCut, gratuitement, un utilisateur fournit l’image d’une personne, réelle ou non, et une vidéo de référence, puis obtient une séquence similaire en quelques minutes.
Parmi les vidéos en circulation, certaines relèvent d’un usage personnel assumé. Des utilisatrices recourent à leur propre image et à ces outils pour se placer virtuellement dans un stade et afficher leur soutien à leur équipe nationale. L’intention du créateur du compte est le seul facteur qui distingue cet usage de l’exploitation commerciale de l’image féminine.
En France, la loi SREN du 21 mai 2024 a inscrit dans le code pénal un délit spécifique de deepfake sexuel : trois ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour toute diffusion en ligne d’un contenu à caractère sexuel représentant une personne sans son consentement. La loi s’applique à des personnes réelles identifiables. Mais pour les personnages entièrement fictifs, rien.
Source:
www.clubic.com



