Fabriquer la future PlayStation 6 coûterait déjà près de 960 dollars rien qu’en composants. Et Sony vient de prévenir ses investisseurs qu’elle ne compte pas vendre son matériel à perte.
Le chiffre vient d’un calcul d’estimateur réputé, pas de Sony, mais il a fait l’effet d’une douche froide. La nomenclature de la PlayStation 6, c’est-à-dire le coût cumulé de ses composants, atteindrait désormais environ 960 dollars, contre 760 il y a seulement trois mois. Sony n’a confirmé ni prix, ni date, ni configuration. En revanche, lors d’une séance de questions-réponses avec ses investisseurs, le constructeur a posé un principe simple : il n’est pas réaliste pour lui d’absorber toute la hausse du coût des composants, et il n’entend pas vendre son matériel à « des pertes significatives ».
La mémoire a pris feu
Le principal responsable de cette envolée, c’est la GDDR7, une mémoire graphique ultrarapide. La PlayStation 6 en embarquerait une trentaine de gigaoctets, ce qui pèserait à elle seule autour de 300 dollars dans la facture. Or cette mémoire est devenue rare, car les trois fondeurs qui dominent le marché, Samsung, SK Hynix et Micron, ont réorienté leurs capacités vers la mémoire HBM des puces d’IA, bien plus rentable.
Le phénomène dépasse largement les consoles : depuis début 2025, les prix de la mémoire ont à peu près doublé, et les analystes n’attendent pas de détente avant la fin 2027. En prime, la GDDR7 souffre d’un sous-effectif chronique : NVIDIA réduirait sa production de cartes graphiques de 30 à 40 % au premier semestre faute de puces. Les fabricants, eux, n’ont commencé que récemment à en livrer en quantité. Autrement dit, Sony construit sa prochaine console au pire moment possible pour acheter de la mémoire.
Une logique que la PS5 connaît déjà
Pour les joueurs, rien de tout cela n’est vraiment nouveau : Sony applique déjà la même mécanique à la PlayStation 5. En France, la console a connu trois hausses en six ans. Lancée à 499 euros fin 2020, la PS5 standard est aujourd’hui affichée à 649,99 euros, et la PS5 Pro grimpe à 899,99 euros. La dernière augmentation, en mars dernier, a ajouté 100 euros d’un coup, officiellement à cause du prix des puces mémoire.
Sony assurait encore début février ne pas toucher aux tarifs de la PS5, avant de les relever sept semaines plus tard. La PS6 ne fera donc que prolonger une trajectoire déjà tracée : des composants plus chers, une marque qui refuse de rogner ses marges, et une addition qui retombe sur le joueur.
Reste un seuil symbolique qui se rapproche : si la PS5 Pro coûte déjà près de 900 euros, une PlayStation 6 à plus de 1 000 euros n’a plus rien d’absurde. De quoi transformer la console de salon, longtemps produit grand public par excellence, en achat de luxe que tout le monde ne pourra pas suivre.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.
Source :
Sony
Source:
www.01net.com



