L’association de lutte contre la corruption Anticor a annoncé mardi à l’AFP qu’elle allait demander qu’un juge d’instruction enquête sur Jordan Bardella, contre lequel elle a déposé plainte, l’accusant d’avoir occupé un emploi fictif d’assistant parlementaire européen et produit des faux.
Anticor, qui dispose d’un agrément gouvernemental pour saisir la justice dans ce type d’affaires, avait déposé plainte en janvier contre sept personnes, dont le président du RN, a indiqué une source proche du dossier.
Cette plainte, dont Le Canard Enchaîné se fait également l’écho mercredi, le visait notamment pour détournement de fonds publics, faux et usage de faux et escroquerie au jugement.
Le RN dénonce une « manipulation »
Jordan Bardella n’a pas été poursuivi dans l’affaire des emplois présumés fictifs de son parti au Parlement européen. Dans ce dossier, Marine Le Pen sera fixée le 7 juillet sur son sort.
« Les procédures pénales annoncent le printemps électoral. Il s’agit de la même affaire dans laquelle Jordan Bardella n’a rien à se reprocher. Il n’a d’ailleurs pas été inquiété dans l’affaire des assistants parlementaires », a réagi le RN auprès de l’AFP. « Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation ».
Anticor estime que le président du RN doit répondre, lui aussi, de ses activités pendant les quatre mois et demi en 2015 où il a été l’assistant parlementaire de l’eurodéputé Jean-François Jalkh. L’association demande également qu’un juge d’instruction enquête pour faux sur les documents produits par Jordan Bardella et ses proches pour attester de son travail.
« Mettre fin à l’impunité »
Elle s’appuie notamment sur le travail d’investigation du journaliste Tristan Berteloot, qui travaillait à Libération, et aujourd’hui au Canard Enchaîné. Elle pointe notamment un agenda et une revue de presse qu’elle considère comme des faux.
La plainte avec constitution de partie civile que va déposer Anticor permettra des « investigations approfondies » et, si ces faits « sont avérés, (de) mettre fin à l’impunité dont bénéficierait l’actuel eurodéputé, numéro un » du RN, a souligné l’association auprès de l’AFP.
Cette plainte portant sur des éléments figurant déjà en partie au dossier principal de détournement de fonds publics, qui connaîtra son épilogue en appel le 7 juillet, « il ne nous sera pas possible d’avancer tant que le dossier et les documents sous scellés sont à la cour », a indiqué le parquet de Paris.
Source:
www.leparisien.fr



