Les 10 000 milliards d’euros qualifiés d’«épargne paresseuse» ont été placés au cœur d’un appel lancé lors du forum REF du Medef. Invitée à s’exprimer devant les acteurs économiques, Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité de mieux orienter les liquidités détenues par les ménages vers les entreprises du continent, afin de renforcer leur compétitivité et leur capacité d’investissement face à une concurrence étrangère soutenue.
Les réserves de trésorerie et les placements peu rémunérateurs des ménages constituent, selon l’exposé, une réserve de financement potentielle pour soutenir l’innovation et la modernisation industrielle. Au-delà de la simple disponibilité des fonds, la mobilisation réclame des instruments adaptés — mécaniques de marché, incitations fiscales et produits d’épargne orientés — ainsi qu’un cadre réglementaire permettant d’aligner l’épargne privée sur les besoins de financement des entreprises sans nuire à la protection des épargnants. La question irrigue le débat plus large sur le rôle des marchés financiers dans la relance économique et sur les modes d’investissement à privilégier au niveau européen.
L’intervention a également remis en lumière les tensions entre ouverture aux capitaux étrangers et volonté de préserver certains secteurs stratégiques. La présidence de la Commission européenne a plaidé pour une combinaison d’ambition industrielle et de vigilance vis‑à‑vis des prises de contrôle extérieures, sans détailler de mesures précises. Pour les milieux patronaux et les décideurs publics, la proposition soulève des interrogations pratiques : comment transformer des encours considérables en financements productifs, et quels instruments privilégier pour concilier rendement pour l’épargnant et stabilité pour l’économie?
La dynamique lancée lors de cette allocution devrait alimenter les discussions entre Bruxelles, les gouvernements nationaux et le monde financier. La conversion d’une part des réserves privées en capitaux investis dans l’économie réelle exige des décisions techniques, fiscales et réglementaires. Le sujet s’annonce comme l’un des enjeux majeurs des prochains mois pour qui souhaite renforcer la présence industrielle européenne sur la scène mondiale tout en maintenant un équilibre entre protection et ouverture des marchés.




