La devanture haute en couleur du 53 boulevard Rochechouart, tapissée de vieilles affiches et de pochettes de vinyles, donne le ton, ou plutôt le la. Situé à deux pas de la mythique salle de concert de La Cigale, le Phono Museum fait entendre sa petite musique à qui veut bien pousser sa porte… et tendre l’oreille.
Depuis 2014, ce musée parisien des plus insolites raconte à ses visiteurs l’histoire du son enregistré depuis 1857. Ici, pas de cartels ni de textes de salle comme dans les musées traditionnels, mais des bénévoles passionnés qui actionnent, sous nos yeux émerveillés, les mécanismes des appareils et font résonner entre les murs des airs de la Belle Époque ou des Années folles.
La collection d’un passionné
Originaire de Syrie, Jalal Aro a délaissé sa carrière dans la mode pour se consacrer à sa passion. Spécialiste des anciens supports d’enregistrement, dont les mécanismes aussi fragiles que complexes n’ont plus de secrets pour lui, il présente ici une partie de son extraordinaire collection : plus de 300 machines, phonographes, gramophones, jukebox et autres mange-disques réunis dans un joyeux bric-à-brac, où trône également une reproduction gigantesque du célèbre chien du label La Voix de son maître.
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photo : ARO – PHONO Museum Paris
Dans ce dédale de trésors, Charlotte Aro, qui partage la passion de son mari, attire notre attention sur le phonautographe. Inventé en 1857 par Édouard-Léon Scott de Martinville, il s’agit du premier appareil capable d’enregistrer le son, sans toutefois pouvoir le restituer. À la manière d’un sismographe, il trace des lignes ondulantes sur une bande de papier : cet ingénieux procédé inspirera quelques années plus tard l’Américain Thomas Edison dans l’invention du phonographe.
Au fil de la visite surgissent aussi un monumental fontanophone à double pavillon – un engin idéal pour diffuser de la musique dans une salle de bal ou une fête foraine – ou encore un gramophone Lumière, reconnaissable à son superbe pavillon en forme d’éventail. À mesure que la musique enregistrée s’invite dans le quotidien, les appareils adoptent des silhouettes toujours plus étonnantes et deviennent de véritables objets d’art décoratif. Certains se dissimulent dans des horloges, d’autres prennent la forme d’une pagode chinoise… De la Belle Époque aux yéyés, en passant par l’essor de la chaîne hi-fi, le Phono Museum nous embarque pour un inoubliable voyage dans le temps !
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Visites le vendredi et le dimanche. Le musée est fermé au mois d’août.
53 Boulevard Marguerite de Rochechouart • 75009 Parisphonomuseum.fr
Source:
www.beauxarts.com




