Dominique de Villepin a été entendu par la justice. L’ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac fait l’objet d’une enquête du parquet national financier (PNF) pour des statuettes reçues en cadeau entre 2002 et 2004, lorsqu’il était à la tête du Quai d’Orsay. Les objets ont depuis été restitués.
Le candidat potentiel à la présidentielle a été entendu en audition libre mi-juillet, a appris lundi de source proche du dossier.
Le lobbyiste Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a également été auditionné, selon cette source. « Plusieurs actes d’enquête se sont déroulés », dont « des auditions », a de son côté déclaré à l’AFP le parquet national financier, sans donner plus de précisions.
L’enquête avait été ouverte en mai pour « des chefs de recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes », avait alors précisé le procureur de la République financier, Pascal Prache, dans un communiqué.
Des révélations de « Complément d’Enquête »
L’affaire avait éclaté en avril. Robert Bourgi, à l’époque conseiller officieux de Dominique de Villepin, lui aurait fait parvenir deux statuettes de Napoléon, avait-il révélé à l’émission « Complément d’Enquête ». La première, d’une valeur de 75 000 euros, aurait été offerte par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso. La seconde, achetée pour 50 000 euros, était un cadeau de l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci.
Dominique de Villepin affirmait alors qu’il s’agit de cadeaux payés par Robert Bourgi. Il assurait cependant qu’il n’aurait « jamais » accepté ces objets s’il avait connu « leur provenance » et s’était dit prêt à les rendre.
Son entourage avait dénoncé auprès de l’AFP un « écran de fumée » propagé par un « fidèle relais de Nicolas Sarkozy » connu pour « ses récits changeants et ses coups tordus », l’ancien président étant un éternel rival de Dominique de Villepin.
« Personne n’est dupe des manœuvres d’un clan au bord de l’effondrement judiciaire et politique », avait ajouté cette source, soulignant que cette prise de parole survient en plein procès en appel sur les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.
« Une erreur »
L’ex-Premier ministre de Jacques Chirac a reconnu le 10 mai avoir commis « une erreur », tout en rappelant qu’il « n’y avait pas d’encadrement de ces situations à l’époque ». Il les a rendues au ministère le 4 mai.
Il a aussi nié toute contrepartie. Robert Bourgi « a été écarté (des affaires, ndlr) par moi-même et par Jacques Chirac en 2004/2005. Ce qui montre bien qu’il n’y a aucune prise, aucune forme de lien qui puisse se nourrir à cette occasion ».
Dominique de Villepin, 72 ans, n’est pas encore officiellement candidat pour la présidentielle de 2027, mais il est clairement en campagne. Ces derniers mois, il s’est rendu à Strasbourg, La Rochelle, Aix-en-Provence, Avignon ou encore Lille, pour ne citer que quelques déplacements.
Avant la présidentielle, le PNF compte « accélérer le déroulement des investigations » visant des candidats pour apporter « une première réponse » aux citoyens appelés aux urnes, avait expliqué son chef, Pascal Prache, dans un entretien accordé à l’AFP en juillet.
Source:
www.leparisien.fr




