Anthropic a annoncé avoir signé un accord avec SpaceX pour accéder à l’ensemble de la capacité de calcul du data center Colossus 1, situé à Memphis dans le Tennessee (Etats-Unis). Ce partenariat donne immédiatement à Anthropic l’accès à plus de 300 mégawatts de puissance de calcul, soit plus de 220 000 GPU Nvidia, dont des H100, H200 et les accélérateurs de nouvelle génération GB200. L’objectif affiché est clair : lever les contraintes d’infrastructure qui pèsent depuis plusieurs mois sur la qualité du service Claude.
Ce partenariat est d’autant plus remarquable qu’Anthropic, fondé par d’anciens d’OpenAI, se retrouve en concurrence directe avec xAI, l’entreprise d’Elon Musk, également à l’origine de SpaceX. Musk lui-même a indiqué être à l’aise avec cette location, xAI ayant déjà migré vers Colossus 2 pour l’entraînement des prochaines versions de Grok. Il s’est tout de même réservé le droit de reprendre les ressources si « l’IA d’Anthropic venait à nuire à l’humanité ».
Des limites d’utilisation concrètement doublées
Pour les utilisateurs, l’impact est immédiat et tangible. Les plans Pro, Max, Team et Enterprise voient la limite d’utilisation de Claude Code passer de 5 heures à 10 heures. Les restrictions aux heures de pointe, qui affectaient les abonnés Pro et Max, sont purement et simplement supprimées. Les quotas de l’API Claude Opus sont également relevés, offrant aux développeurs et aux clients entreprises un débit sensiblement plus élevé.
Ces contraintes d’utilisation étaient devenues un point de friction croissant pour les abonnés payants, nombreux à se plaindre ces derniers mois d’être bloqués après quelques tâches seulement.
Une stratégie de diversification tous azimuts
Cet accord avec SpaceX s’inscrit dans une stratégie d’approvisionnement en calcul qui se joue désormais sur plusieurs fronts. Anthropic a également conclu un accord pouvant atteindre 5 gigawatts avec Amazon, dont près d’1 GW disponible dès fin 2026, un accord similaire de 5 GW avec Google et Broadcom prévu pour 2027, un partenariat stratégique avec Microsoft et Nvidia portant sur 30 milliards de dollars de capacité Azure, et un investissement de 50 milliards de dollars dans l’infrastructure IA américaine via Fluidstack.
L’accord SpaceX présente toutefois un avantage décisif sur les autres : il est opérationnel immédiatement, sans attendre des déploiements prévus dans 12 à 18 mois.
Et demain, le calcul orbital ?
L’accord ne s’arrête pas au seul Colossus 1. Anthropic a formellement exprimé son intérêt pour développer, en partenariat avec SpaceX, plusieurs gigawatts de capacité de calcul IA en orbite. L’idée : s’affranchir des contraintes terrestres, énergie, foncier, refroidissement pour faire tourner des modèles d’IA directement depuis l’espace, grâce aux satellites et à l’infrastructure de lancement de SpaceX.
SpaceX se positionne comme le seul acteur capable de concrétiser ce projet à court terme : « SpaceX est la seule organisation réunissant la cadence de lancement, l’économie de mise en orbite et l’expérience opérationnelle pour faire du calcul orbital un programme d’ingénierie, et non un simple concept de recherche », a déclaré la société.
Source:
www.zdnet.fr



