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"C’est une aberration": un violoniste dénonce les compagnies aériennes qui obligent les musiciens à monter à bord avec leurs instruments mais sans leurs étuis qui doivent aller en soute

« Faire voyager un musicien avec son instrument ne devrait jamais relever du parcours du combattant », souligne Julien Moquet, violoniste et directeur artistique du festival d’Autan.

Certaines compagnies aériennes ne facilitent pas la vie des musiciens, ces professionnels qui se déplacent souvent. L’un d’entre eux, le violoniste Julien Moquet, relate ainsi sur Facebook l’expérience douloureuse mais surtout dangereuse pour son précieux instrument, vécue à bord d’un appareil de Volotea.

« Aujourd’hui, situation absurde à l’embarquement. Pour pouvoir voyager, nous avons dû monter dans l’avion avec le violon et les archets… mais laisser les étuis en soute. Oui, vous avez bien lu », explique-t-il.

« Des instruments anciens, fragiles, irremplaçables, manipulés dans l’urgence au milieu de procédures qui semblent totalement déconnectées de la réalité du métier d’artiste musicien. C’est une aberration. Un violon n’est pas un bagage ‘de confort’. C’est un outil de travail. Un patrimoine. Toujours quelque chose d’extrêmement fragile. Faire voyager un musicien avec son instrument ne devrait jamais relever du parcours du combattant », se désole-t-il.

Capture du post du violoniste Julien Moquet sur Facebook © BFM Business

« Les musiciens voyagent en permanence pour faire vivre la culture, les festivals, les orchestres, les conservatoires, les créations… et se retrouvent confrontés à des règles incohérentes, variables d’un vol à l’autre, parfois d’un agent à l’autre », poursuit le musicien. Julien Moquet ne vise en effet pas spécialement Volotea, expliquant que « ce n’est plus un cas isolé ».

« Pas un cas isolé »

« Certaines compagnies considèrent qu’un violon devrait nécessiter l’achat d’un ‘extra seat’. Autrement dit: payer un deuxième siège pour pouvoir transporter correctement un instrument pourtant accepté depuis des années en cabine dans des dimensions compatibles », explique-t-il. « Il devient urgent que les compagnies aériennes, autorités européennes et instances culturelles travaillent ensemble à une réglementation claire, harmonisée et adaptée aux réalités des instruments de musique ».

Dans sa page consacrée aux bagages, Volotea précise que « si vous souhaitez enregistrer un instrument de musique sur un vol, veuillez souscrire au service bagages spéciaux pour qu’il puisse être placé en soute ».

Problème, aucun musicien professionnel digne de ce nom n’acceptera de se séparer de son instrument et de le mettre en soute où il risque d’être abîmé, d’où leur volonté de l’avoir en cabine avec son étui. Mais la compagnie impose des conditions strictes: « si vous préférez transporter votre instrument de musique en cabine, vous pouvez le prendre en remplacement de votre bagage à main, à condition qu’il ne dépasse pas les dimensions maximales autorisées pour ce type de bagage (55x40x20 cm). S’il dépasse ces dimensions et que vous estimez qu’il est trop fragile pour être placé en soute, vous devrez réserver un billet supplémentaire pour votre instrument ».

La Fédération internationale des musiciens porte depuis longtemps cette problématique auprès de la IATA, l’association internationale du transport aérien qui regroupe la plupart des compagnies de la planète, mais sans trop de succès visiblement. Et selon certains musiciens, le problème serait plus important sur les vols low cost. « Plusieurs compagnies européennes, dont Lufthansa depuis mars, acceptent les étuis de violons et d’altos dans la cabine. Je ne voyage plus qu’avec ces compagnies-là et avec une capture écran sur mon téléphone de leur page dédiée aux instruments de musique, au cas où », explique ainsi l’un d’entre eux. Problème, chaque compagnie applique ses propres règles.

On se souviendra que des musiciens s’étaient également plaints des contraintes imposées par la SNCF pour l’emport dans les TGV d’instruments de grandes tailles. À plusieurs reprises, des musiciens avaient rencontré des difficultés pour voyager en train avec leur contrebasse (amendes, refus d’embarquement), provoquant leur colère. Après une médiatisation de ces problèmes et moult négociations entre la compagnie ferroviaire, le ministère de la Culture et les associations de musiciens, une solution avait finalement été trouvée.


Source:

www.bfmtv.com

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