Chez les bourdons la bonne humeur est communicative
Comme nous les bourdons ne sont pas toujours de bonne humeur. Il y a quelques années des chercheurs avaient montré qu’il est possible d’agir sur l’état affectif de ces insectes en leur donnant par exemple une goutte d’eau sucrée. Un bourdon de bonne humeur se remettra plus rapidement a butiné après une attaque d’araignée ou se montrera plus « optimiste » en allant explorer des sources de nourritures incertaines. Une nouvelle étude va encore plus loin. Elle montre que chez ces insectes sociaux la bonne humeur est contagieuse.
Pour cette étude, les chercheurs ont appris à des bourdons à associer des fleurs de différentes couleurs à des récompenses plus ou moins intéressantes. Puis, certains de ces bourdons entraînés ont été mis en présence d’un congénère dans un état affectif positif avant d’aller butiner. Résultat : les insectes qui avaient eu un contact même bref avec un bourdon de bonne humeur se sont montrés plus entreprenants que les autres. Ils ont exploré avec entrain des fleurs dont la couleur ambiguë laissait un doute sur la récompense qu’elles contenaient.
Cette découverte est moins anecdotique qu’il n’y paraît. Elle vient de faire la couverture de la prestigieuse revue Science. Cette « contagion affective », composante essentielle de l’empathie, est bien connue chez les vertébrés sociaux, à commencer par les mammifères mais c’est la première fois qu’elle est mise en évidence chez un invertébré. C’est désormais prouvé : rien de tel qu’un copain en forme pour remettre d’aplomb un bourdon qui a le bourdon !
Pour en savoir plus : l’étude publiée dans ScienceOuverture dans un nouvel onglet
Un vomi fossilisé vieux d’environ 290 millions d’années
Il date du Permien. A cette époque les dinosaures n’étaient pas encore apparus sur Terre. Ce vomi fossilisé (que les chercheurs nomment plus élégamment « régurgitalithe ») a été découvert en Allemagne sur un site qui, il y a 290 millions connaissait un climat subtropical. L’ensemble des terres émergées formait alors un seul et même continent, la Pangée, sur lequel gambadait une faune aujourd’hui disparue mais dont on peut avoir un petit aperçu en analysant le contenu de ce régurgitalithe. Ce dernier renferme de nombreux fragments osseux. Les chercheurs ont identifié les restes de deux petits reptiles et d’un amphibien.
Qui est l’auteur de ce vomi fossilisé ? Selon les scientifiques, il n’y a que deux suspects possibles. Les deux seuls grands prédateurs carnivores qui vivaient dans cette région à cette époque étaient : le Dimetrodon ou le Tambacarnifex. Ces quadrupèdes devaient mesurer 80 centimètres de long. L’un deux, le Dimetrodon arborait une grande crête sur le dos. On a longtemps qualifié ces animaux de « reptiles mammaliens ». Ils sont les très lointains ancêtres des mammifères.
Ce vomi fossile légué par cet ancien aïeul est un cadeau précieux pour les scientifiques car il donne un aperçu inédit de la chaine alimentaire et du fonctionnement de cet écosystème terrestre, antérieur au règne des dinosaures.
Pour en savoir plus : l’étude publiée dans scientific reportsOuverture dans un nouvel onglet
Une gigantesque toile d’araignée dans un écosystème singulier
Dans les profondeurs d’une grotte située à la frontière entre la Grèce et l’Albanie, des chercheurs ont découvert une toile d’araignée de plus de 100 mètres carrés. Il s’agit plus exactement d’un patchwork composé d’une multitude de petites toiles assemblées entre elles. Plus de 110 000 araignées vivent là dans une sorte de gigantesque colocation.
Deux espèces différentes cohabitent : la Tégénaire domestique et la Prinerigone vagans. Habituellement en plein jour l’une est la proie de l’autre, mais dans l’obscurité elles se côtoient pacifiquement. Il faut dire qu’elles disposent de nourriture en abondance. Un écosystème particulier s’est développé dans cette grotte, avec à la base de la chaîne alimentaire des bactéries qui produisent de la matière organique en oxydant le soufre présent dans l’eau. Cette matière organique alimente des insectes dont se repaissent les araignées. Et ce régime leur convient parfaitement à en croire le gigantisme de leur toile.
Pour en savoir plus : l’étude publiée dans Subterranean BiologyOuverture dans un nouvel onglet
Source:
www.radiofrance.fr




