Dans les champs, les épisodes caniculaires ont perturbé la production et la récolte des melons, stars incontestées de la consommation estivale.
Star de l’été, le melon s’invite sur toutes les tables. Mais la canicule risque bien de faire quelques dégâts dans les champs français. Si la chaleur est nécessaire pour assurer la production, « là, ce sont des excès », explique Jérôme Jausseran, vice-président de l’Association interprofessionnelle du melon et lui-même producteur dans l’Hérault.
La récolte « serait à 4.000 tonnes journalières » en ce moment, alors qu’il « n’est pas rare qu’on soit à 6.000 ou 7.000 tonnes en juillet », précise-t-il.
Outre les plants abîmés voire détruits par les épisodes caniculaires qui se succèdent depuis le mois de mai, « les abeilles ne sortent pas » en cas de forte chaleur et « il n’est pas improbable qu’il y ait une baisse des rendements d’ici quatre ou cinq semaines » en raison d’un manque de pollinisation, précise Jérôme Jausseran. Par ailleurs, parce qu’ils peuvent être responsables d’une couleur brunâtre ou d’une chair moins ferme, « les coups de soleil font que certains fruits ne sont pas commercialisables », ajoute-t-il.
Sans compter qu’avec des températures élevées, travailler dans les champs devient difficile. « Il faut protéger les salariés », appuie le producteur héraultais. Avec la canicule, « il est parfois impossible de travailler après 12h ou 13h », et « on n’arrive pas à récolter à temps tous les melons » qui sont arrivés à maturité, avance-t-il.
« Jusqu’à la fin de l’été »
La chaleur a provoqué un sursaut de récolte ces jours-ci, mais « une fois ce regain passé, on risque d’avoir un problème de disponibilité jusqu’à la fin de l’été », envisage le représentant de l’interprofession, qui indique toutefois qu’il est encore difficile de déterminer avec précision les conséquences de la canicule. D’autant plus que des plantations tardives sont encore effectuées dans les champs pour couvrir la fin de saison – il faut compter deux à trois mois entre la plantation et la récolte.
Le marché, lui, pourrait se tendre sous l’effet d’une demande accrue des Français. Très météosensible, la consommation de melon est étroitement liée à son statut de vedette estivale: s’il fait beau et chaud, les consommateurs français en sont affamés.
Variété la plus cultivée, un melon charentais jaune d’origine France d’un calibre compris entre 750 grammes et 1,25 kilo se vendait 2,94 euros en moyenne dans la grande distribution au 2 juillet 2026, contre 2,17 euros au 3 juillet 2025, selon les données de FranceAgriMer. Pour un même melon issu de l’agriculture biologique, sans calibre précis, il fallait compter 3,92 euros en moyenne, contre 3,92 euros un an plus tôt.
Toutes variétés confondues, environ 339.000 tonnes de melons ont été produites sur le sol français en 2025, dont 95% en plein air, selon le ministère de l’Agriculture.
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