PolitiqueHistoire politiqueCoup de chaud : comment la chaleur dérègle le vivant 1/5 : La santé...

Coup de chaud : comment la chaleur dérègle le vivant 1/5 : La santé reproductive des abeilles en berne

Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus précoces et plus intenses. La canicule de ce mois de juin offre un aperçu de ce qui nous attend dans le futur.

Ces épisodes extrêmes augmentent la mortalité des animaux, sauvages et d’élevage, ainsi que celles des humains. Mais la hausse des températures agit aussi de façon plus discrète et chronique sur la nature – et c’est que l’on va explorer toute la semaine en commençant aujourd’hui par les abeilles.

Les abeilles qu’on connaît le mieux, dans les sciences et dans le grand public, c’est l’abeille domestique, celle qui vit dans des ruches – c’est la mieux armée face aux vagues de chaleur car c’est une abeille sociale. Nicolas Veuréckeun est professeur d’entomologie et d’agro écologie à l’université libre de Bruxelles.

SON 1 > effectivement (….) des choses encore plus alarmantes.

ALEXANDRA : Apis Mellifera : l’abeille dont on récolte le miel. C’est une seule espèce parmi le millier qui existe en France. Toutes les autres sont nommées abeilles sauvages – et la grande majorité d’entre elles sont solitaires – à l’instar des papillons ou coléoptères.

Les abeilles solitaires forment aussi des nids, mais c’est la femelle, seule, qui s’occupe de la reproduction, de la récolte de nourriture et de nourrir les petits. Les tâches ne sont pas partagées entre individus – tout choc environnemental, la chaleur ou les pesticides pour prendre un autre exemple, repose sur un seul et unique individu, généralement la femelle, ce qui rend les abeilles sauvages plus fragiles, théoriquement donc, que l’abeille domestique.

ASTRID Et est-ce que leur reproduction est directement touchée par les vagues de chaleur ?

ALEXANDRA ; C’est justement le cœur de cette nouvelle étude parue le Journal of Thermal Biology sur des osmies rousses, des abeilles solitaires courantes dans les jardins.

Un groupe de larves d’abeille a été exposé aux températures estivales habituelles du nord-est de l’Angleterre, 25° au maximum. Et puis, un autre à subi une canicule artificielle, pendant 3 jours consécutifs à 40°C.

Résultats, de prime abord, rien à signaler. Les abeilles grandissent normalement. Mais l’année suivante en revanche, leur santé reproductive est altérée.

SON 2 > ce qui est important (…) sublétaux multigénérationnels.

ALEXANDRA : Pour donner quelques chiffres, l’activité des spermatozoïdes est réduite de moitié pour les mâles exposés durant leur jeunesse aux températures caniculaires par rapport au groupe contrôle. Leur nombre a diminué d’un tiers. Et chez les femelles, c’est moins 15% d’ovules en développement. L’auteur de l’étude détaille tous ces résultats dans un article du site The Conversation.

Les abeilles solitaires sont donc bien plus sensibles et vulnérables qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent –

Et cet effet des vagues de chaleur pourrait se propager de génération en génération : les larves exposées à la chaleur deviennent des adultes moins fertiles, mais en plus, les mères elles-mêmes, en pleine canicule, peinent à butiner et rapportent moins de pollen à leurs futures larves,

À cela s’ajoutent toutes les autres pressions environnementales, pollutions, pesticides – mais aussi les effets des vagues de chaleur sur les fleurs – la chaleur réduit la quantité et la qualité du nectar et pollen – donc se nourrissent évidemment les abeilles. C’est un effet boule de neige. Certaines espèces d’abeilles sauvages pourraient ainsi d’une année sur l’autre, totalement s’effondrer – sans qu’on ne dispose encore de suivi très efficaces de ces abeilles solitaires.


Source:

www.radiofrance.fr

Articles récents

spot_img

Articles récents

Annonce publicitairespot_imgspot_img

JOURNAL DE 18H, émission du dimanche 28 juin 2026

41,7°C enregistrés en Allemagne, 41,1 °C près de Prague, 40,5°C en Pologne. De nouveaux records absolus de température ont été franchis dimanche en Europe...