Hong Myung-bo, qui a démissionné de son poste de sélectionneur après l’élimination de la Corée du Sud dès le premier tour de la Coupe du monde, est parti aux Etats-Unis jeudi, seulement deux jours après son retour au pays où il a reçu un accueil particulièrement hostile. Visé par des menaces de mort, il va essayer de se faire oublier alors que dans le même temps, une vague de sympathie émerge pour lui au Japon.
Une élimination qui prend des proportions de plus en plus importantes. Sortis dès le premier tour de la Coupe du monde, les Sud-Coréens ont reçu un accueil très hostile lors de leur retour au pays mardi. Le désormais ancien sélectionneur Hong Myung-bo, qui a démissionné de son poste dimanche après cette élimination, a été particulièrement visé. Et la situation ne s’est visiblement pas calmée: l’ex-capitaine et défenseur, pourtant considéré l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de la Corée du Sud, a dû s’exiler… aux Etats-Unis pour des raisons de sécurité.
Comme le rapporte Marca, Hong Myung-bo a été aperçu à l’aéroport international d’Incheon jeudi, s’apprêtant à embarquer pour Los Angeles à peine plus de 48 heures après son retour au pays. Un retour au pays, dans la nuit de lundi à mardi, qui a été hostile envers l’ensemble de la sélection nationale, mais particulièrement envers lui. « Dégage Hong Myung-bo !”, a vociféré un homme dans un mégaphone. “Hong Myung-bo, va te faire foutre”, entendait-on également.
« J’ai quelque chose à dire mais… »
Le quotidien espagnol indique que l’ancien capitaine de la sélection, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du pays, fait l’objet de menaces de mort depuis l’élimination de l’équipe. C’est ce qui aurait motivé son départ précipité, sa sécurité étant menacée. Les médias ont également fait état d’affiches hostiles à son encontre un peu partout dans la capitale, certains commerces lui interdisant même d’entrer.
Casquette vissée sur la tête et masque sur le visage, Hong Myung-bo a semblé visiblement éprouvé face aux médias. Avant de s’envoler pour les Etats-Unis, il a fermement nié les spéculations selon lesquelles des conflits internes au sein de l’équipe auraient contribué à son élimination. Il a également démenti la rumeur selon laquelle Jens Castrop aurait été écarté des deux premiers matchs pour avoir enfreint le règlement de l’équipe. « J’ai quelque chose à dire, mais cette histoire sera révélée un jour », a-t-il lancé aux journalistes présents sur place, dans des propos rapportés par Korea JoongAng Daily.
Les Sud-Coréens, menés par Son Heung-min et Lee Kang-In, ont disputé leurs matchs de groupe au Mexique et étaient pourtant bien entrés dans la compétition en s’imposant face à la Tchéquie (2-1). Mais ils s’étaient ensuite inclinés contre le pays hôte mexicain et, surtout, l’Afrique du Sud, à chaque fois sur le score de 1-0. Pour son deuxième mandat à la tête de la Corée du Sud, Hong Myung-bo a enchaîné un second échec cuisant avec une nouvelle élimination précoce, comme lors du Mondial 2014. Ce qui l’a poussé à démissionner, assumant « l’entière responsabilité » de l’échec.
Une vague de soutien au Japon, où il avait évolué en tant que joueur
Mais cette élimination a pris une tournure politique puisque le président Lee Jae Myung, « totalement déconcerté » par cette sortie de route précoce, a demandé au ministère des Sports d’enquêter sur l’ancienne légende nationale (136 sélections, Ballon de bronze du Mondial 2002). « Nous allons rapidement mettre en œuvre des réformes de l’administration sportive afin de garantir qu’une telle chose ne se reproduise plus jamais », a-t-il notamment déclaré.
Tenu pour responsable de ce raté, Hong Myung-bo peut toutefois compter sur une vague de sympathie venue… du Japon, où des personnalités publiques et des commentateurs ont qualifié les critiques coréennes d’excessives, comme le rapporte The Korea Times. Il avait évolué dans ce pays en tant que joueur pendant cinq ans, au Shonan Bellmare (1997-1999, le club était alors connu sous le nom de Bellmare Hiratsuka) puis au Kashiwa Reysol (1999-2002).
« Ne harcelez pas notre OB Hong Myung-bo », a ainsi écrit Taro Kono, membre de la Chambre des représentants au Japon et ancien président du Shonan Bellmare (2000-2005). « Myung-bo, j’espère que tu viendras au Japon. Les fans de la J.League n’ont pas oublié ton esprit combatif », a aussi déclaré le célèbre chroniqueur Ichiro Enokido.
Source:
rmcsport.bfmtv.com



