Laurent Nuñez s’est exprimé ce mardi, à l’issue d’une réunion en visioconférence avec ses homologues européens pour tirer les leçons de l’épisode migratoire de Ceuta.
L’heure de la mise au point. Une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur européens a eu lieu ce mardi 4 août au sujet de Ceuta, cette enclave espagnole au nord du Maroc où des dizaines de milliers de migrants ont afflué fin juillet.
Les fragilités de la coopération européenne sur les questions migratoires avaient été mises en lumière lors de cet épisode, au cours duquel des dizaines de personnes sont mortes, selon les autorités locales. En France, la droite et l’extrême droite étaient montées au créneau, exigeant le renforcement des contrôles aux frontières de l’Espagne, voire la mise au ban du pays dirigé par Pedro Sanchez.
« Il était important qu’on ait ce temps d’échange », a déclaré Laurent Nuñez à l’issue de cette réunion avec ses homologues européens. « Tous les États membres (de l’Union européenne) ont marqué leur solidarité avec l’Espagne », a-t-il affirmé, évoquant une collaboration « remarquable » avec le Maroc.
« Nous avons décidé de renforcer les contrôles à la frontière franco-italienne », a annoncé Laurent Nuñez. Ce week-end, à la demande d’Emmanuel Macron, les contrôles à la frontière espagnole avaient déjà été renforcés.
Schengen « n’est pas le problème » mais « plutôt la solution »
« Nous avons toutes et tous convenu que la question de l’espace Schengen n’était pas le problème » mais « plutôt la solution », a poursuivi le ministre de l’Intérieur, assurant qu’aucune traversée de la Méditerranée n’avait eu lieu de la part des migrants arrivés dans l’enclave de Ceuta. Un barrage flottant a été mis en place, a-t-il souligné.
« J’ai rappelé que nous étions à disposition des autorités espagnoles pour venir en soutien ou renforcer Frontex lorsqu’il le faut », a ajouté Laurent Nuñez. Le ministre de l’Intérieur a également évoqué une « ingérence informationnelle » d’États étrangers, sans les citer.
Un bilan provisoire des autorités espagnoles fait état d’au moins 75 morts, a aussi annoncé Laurent Nuñez.
Selon Madrid, la « quasi-totalité » des quelque 72 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière jeudi et vendredi (surtout des jeunes Marocains) ont depuis été renvoyées au Maroc. Lors d’une intervention en parallèle de celle de Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur espagnol a assuré que l’espace Schengen n’a pas été « compromis » pendant la crise.
Source:
www.leparisien.fr




