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Des poèmes classiques dans les ruines de Gaza : un concours de déclamation pour les étudiants palestiniens francophones

Un peu de lumière pour une soixantaine d’étudiants de Gaza. Ils apprennent le français et ont participé à un concours de déclamation et de poésie intitulé « Gaza en rimes »Ouverture dans un nouvel onglet, dont la marraine n’est autre que l’autrice Marie Darrieussecq. Parmi les membres du jury, on retrouve l’écrivaine Maylis de Kerangal (prix Médicis), l’auteur Éric Vuillard (prix Goncourt) ou encore l’écrivain palestinien Elias Sanbar. Les lauréats seront connus mercredi 8 juillet, dans l’après-midi.

Pour raconter les malheurs de son pays, Sarah, 22 ans, déclame le texte d’un poète palestinien tué dans un bombardement : « Si je dois mourir, il faut que tu vives pour raconter mon histoire. Si je dois mourir, qu’il en naisse de l’espoir, qu’il en reste une histoire. » Cette étudiante en médecine a choisi la poésie et la langue française pour partager sa peine. « C’est une manière de préserver l’humanité et de donner la voix à la douleur qu’on vit, surtout dans la guerre », confie Sarah.

« Tout à fait boulversant »

L’ONG Academic Solidarity with Palestine, est à l’origine de ce concours porté également par l’Institut français de Gaza. « On peut tout leur enlever, on a détruit leurs universités, on a détruit leurs maisons, mais cette âme palestinienne de la littérature, etc., on ne peut pas la leur enlever », affirme Anne-Christine Habbard, présidente d’Academic Solidarity with Palestine. « Et de dire que de cet endroit détruit, dévasté, que la vie et la dignité, ça vient d’eux, c’est vraiment très très touchant », poursuit-elle.

Hugo, Prévert, Apollinaire… Ces textes classiques résonnent ici différemment, comme « Le déserteur » de Boris Vian. « Un jeune Gazaoui lit, récite ce poème, tandis qu’il filme et qu’il avance en marchant dans les ruines de Gaza, c’est tout à fait bouleversant », raconte Éric Vuillard, membre du jury. « Ça redonnait à ce poème de Vian une grandeur au fond que, pour moi, il n’avait en quelque sorte jamais eue », ajoute-t-il.

Les mots comme un refuge. En arabe, « el baytoun », qui signifie un vers en poésie, veut aussi dire maison.


Source:

www.radiofrance.fr

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