Convoitée par deux fonds de capital-investissement, le groupe britannique a annoncé prolonger jusqu’à vendredi le délai accordé à Castlelake pour formuler une offre ferme, s’alignant ainsi sur l’échéance fixée à Apollo. Ce dernier a déjà trouvé début juillet un accord de principe sur une offre valorisant le transporteur à 6,7 milliards d’euros. Alors que son bénéfice trimestriel a chuté de 70% en raison des tensions au Moyen-Orient, un tel rachat par des acteurs financiers américains constituerait une première majeure.
La compagnie aérienne britannique Easyjet, convoitée par deux fonds d’investissement américains, a annoncé ce lundi 3 août le report jusqu’à la fin de la semaine du délai imparti à l’un d’eux, Castlelake, pour faire une offre ferme, alignant ainsi les dates pour les deux prétendants.
Deuxième compagnie à bas coûts d’Europe derrière sa concurrente irlandaise Ryanair, Easyjet avait annoncé début juillet un « accord de principe » avec l’autre prétendant au rachat, le fonds Apollo, sur une offre qui valoriserait l’entreprise à 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d’euros). Castlelake, qui avait formulé quelques jours plus tôt une offre un peu plus faible, avait initialement jusqu’à lundi pour faire une offre ferme.
« Dans le but d’aligner » les modalités, les deux fonds ont désormais tous les deux jusqu’à vendredi 17h, heure de Londres, au plus tard pour « annoncer une intention ferme de déposer une offre » ou renoncer, a indiqué Easyjet lundi dans un communiqué.
Un précédent important
Bien que son siège social soit situé au Royaume-Uni, Easyjet dépend de licences européennes pour exploiter ses bases et ses liaisons au sein de l’UE. La compagnie a limité la part de capital détenue par des entités non européennes à 49,5% afin de se conformer aux règles de l’UE applicables après le Brexit.
Selon des experts du secteur, ses prétendants américains pourraient obtenir le contrôle économique total de l’entreprise tout en s’appuyant sur des intermédiaires européens pour satisfaire à la réglementation actuelle, alors qu’un partenariat avec un groupe aérien européen se heurterait à un examen approfondi des autorités de la concurrence.
Si l’opération aboutissait, elle pourrait créer un précédent important pour les compagnies aériennes européennes, en ouvrant la voie à des rachats par des fonds de capital-investissement dans un secteur strictement réglementé où les acquisitions impliquent généralement un autre transporteur, souvent avec le soutien des pouvoirs publics.
Bénéfice en chute libre
Les deux fonds américains sont notamment attirés par les précieux créneaux aéroportuaires d’Easyjet, la force de sa marque et ses perspectives de croissance. Mais la compagnie à la livrée orange a vu son bénéfice plombé, lors de son troisième trimestre décalé, par les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur les réservations et les coûts du carburant.
Le bénéfice avant impôts du groupe pour les trois mois achevés fin juin a plongé de 70%, à 85 millions de livres (près de 100 millions d’euros), selon les derniers chiffres publiés fin juillet. Le titre d’Easyjet à la Bourse de Londres progressait de 2,25% dans la matinée.
Source:
www.bfmtv.com




