“Les feux de Gironde enflamment le débat politique français” en plein “lancement de la campagne présidentielle”, résume Le Temps. “De toutes parts, de l’extrême droite à l’extrême gauche, les attaques politiques” ont “fusé sans retenue en France” lundi 27 juillet, observe le quotidien suisse.
“Confronté à des incendies d’une ampleur inédite, le gouvernement français s’efforce, depuis vendredi, de convaincre que le pays dispose des moyens nécessaires pour faire face à la crise”, souligne Le Soir. “Mais les questions sur la disponibilité des Canadair, le vieillissement de la flotte et l’anticipation du risque climatique mettent l’exécutif dans l’embarras”, observe le quotidien belge en notant que “les critiques sont salées du côté de l’opposition”.
La France Insoumise et le Rassemblement national ont notamment souligné que le budget de la sécurité civile avait été amputé de 53 millions d’euros en 2024, accusant l’exécutif d’avoir annulé la commande de deux Canadair cette année-là alors même qu’Emmanuel Macron avait promis, deux ans plus tôt, de renouveler et d’agrandir cette flotte vieillissante en la portant à 16 appareils “d’ici la fin du quinquennat”.
Le parti de Jean-Luc Mélenchon a promis, s’il arrive au pouvoir en 2027, de porter ce budget à “un milliard” d’euros, tout en recrutant 50 000 pompiers volontaires d’ici à 2030.
“La cheffe de file des écologistes, Marine Tondelier a de son côté pointé ’une responsabilité lourde de l’État’ et l’’impréparation du gouvernement dans la lutte contre les incendies”, rapporte Le Soir. La candidate à la présidentielle a aussi demandé une réunion en urgence des responsables des différentes forces politiques pour faire face à “la gravité de la situation” et l’inscription, dès la rentrée, d’une loi visant à soutenir les pompiers.
“Pas de retour d’expérience en plein milieu de la bataille”
Monté en première ligne lundi sur le front des incendies, Emmanuel Macron a tenté de défendre son bilan en matière de sécurité civile face à cette pluie de critiques.
“Le gouvernement a activé son mode gestion de crise […] et multiplié les rencontres entre ministres compétents”, note Le Soir. “L’exécutif tente de soigner sa communication, malgré une situation très précaire sur le terrain et des soldats du feu à bout de forces. Emmanuel Macron s’est même fendu d’un déplacement lundi en début de soirée en Gironde, à la rencontre des pompiers mobilisés et des élus locaux”, souligne le quotidien belge.
Lors de sa visite à Bordeaux, le chef de l’État a notamment appelé à “rester unis” pour gagner la longue bataille contre le mégafeu qui a déjà ravagé 42 000 hectares et qui, après une accalmie, connaît des reprises, dans l’ensemble “contenues”, avec la remontée des températures. “Les semaines à venir seront dures et on doit tenir”, a lancé le président de la République. “On ne fait pas le retour d’expérience en plein milieu de la bataille”, a-t-il affirmé en réponse aux critiques de ses adversaires politiques.
Macron a par ailleurs exhorté à “replanter et rebâtir une forêt différente” en s’adaptant aux “conditions structurelles de changement climatique”.
Un peu plus tôt lundi, l’exécutif a “annoncé des mesures de soutien aux entreprises touchées” par les incendies “et un accord avec les assureurs pour prendre en charge les frais de relogement en cas d’évacuation”, précise La Libre Belgique.
“Rare humilité”
Le chef de l’État a aussi délivré dans la soirée une bonne nouvelle : il a affirmé que le feu était désormais “fixé” dans les Landes même s’il demeure “virulent”, rapporte The Guardian.
Face aux feux violents qui ravagent la région de Madrid et de Bordeaux, le Premier ministre espagnol “Pedro Sánchez” et le président “Emmanuel Macron, affichent une attitude rare face aux forces de la nature : leurs discours de protection et d’action sont empreints d’humilité”, observe Der Spiegel. “Si les slogans de persévérance, les expressions de compassion et les promesses d’aide sont monnaie courante chez les hauts responsables politiques, il est rare que les dirigeants d’Europe occidentale fassent face à la menace réelle qui pèse sur l’existence physique et économique d’un si grand nombre de leurs citoyens, comme c’est actuellement le cas à Madrid et à Bordeaux”, analyse l’hebdomadaire allemand.
Mais “cela comporte le risque qu’un incendie soit suivi d’une crise politique”. Pour le journal, “il est fort possible que la colère latente en France envers Macron et le gouvernement s’intensifie. La gestion de crise sera mise à rude épreuve par la nouvelle vague de chaleur prévue dans les prochains jours”, prévient Der Spiegel. Selon Météo France, la canicule devrait être de retour dès mardi, avec des maximales jusqu’à 40 °C et des vents un peu moins forts mais plus secs.
Source:
www.courrierinternational.com




