En visite dans un hôpital de l’Ariège, ce lundi, Emmanuel Macron a été interrogé sur la ligne diplomatique à adopter avec le pouvoir algérien. « Allez dire à tous les mabouls qui nous expliquent qu’il faudrait se fâcher avec l’Algérie », a lâché le président de la République sans citer de noms.
Avant de vanter les mérites des médecins non issus de l’Union européenne travaillant dans les déserts médicaux français. « C’est des gens remarquables qu’on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l’hôpital et, le jour où il faut les titulariser, (…) on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde », a-t-il pointé.
Le président des Républicains (LR), Bruno Retailleau, s’est vraisemblablement senti visé. Et a réagi par l’intermédiaire d’un communiqué de presse. « Aujourd’hui, Emmanuel Macron s’en est pris à ceux qui, comme moi, sont partisans de la fermeté avec l’Algérie, en évoquant notamment les lourdeurs administratives pour les médecins étrangers. Je veux lui répondre calmement mais fermement : ce faux prétexte ne vise qu’à dissimuler les vrais problèmes », assure l’ex-ministre de l’Intérieur.
Ce dernier liste toute une série de « problèmes » qui justifient sa position vis-à-vis du pouvoir algérien. Si les médecins algériens n’en sont pas un, « les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France » en sont un, selon Bruno Retailleau, qui regrette qu’Alger « refuse de (les) reprendre ».
« Barbouzeries »
Le sénateur dénonce également « les barbouzeries » du régime, citant pêle-mêle la détention de Christophe Gleizes ou encore la condamnation récente de Kamel Daoud pour des écrits journalistiques et littéraires.
« Le problème, ce sont également les accords de 1968, qui offrent des privilèges exorbitants avec l’argent des contribuables français, alors même que le régime algérien s’exonère de ses obligations pour reprendre ses clandestins », insiste encore Bruno Retailleau.
Le président de LR estime la sécurité et la souveraineté de la France menacées par l’Algérie. « Aucune douleur de l’histoire ne donne le droit à ses dirigeants d’humilier et d’insulter la France », poursuit l’intéressé.
Bruno Retailleau considère enfin qu’« avoir le courage de la fermeté », « c’est cela le rôle d’un président de la République ». Une manière de se positionner pour celui qui est d’ores et déjà candidat à l’élection suprême en 2027.
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