Bruxelles — Belgium Times
À l’occasion de la Fête nationale du 21 juillet, le roi Philippe a appelé les Belges à renforcer la cohésion du pays et à affronter collectivement les défis climatiques, économiques, sociaux et géopolitiques.
Dans son traditionnel discours à la Nation, diffusé le 20 juillet, le souverain a ouvert son allocution en évoquant la récente vague de chaleur, particulièrement précoce et intense. Il a souligné ses conséquences pour les personnes âgées, précarisées ou isolées, ainsi que la forte pression exercée sur les services médicaux et les secours.
Le Roi a ensuite élargi son propos aux profondes transformations que traverse la société belge. Changements climatiques, tensions internationales, révolution technologique et évolutions sociales constituent, selon lui, une menace durable pour la cohésion. Mais ces bouleversements peuvent aussi être surmontés à condition d’y répondre ensemble.
Des efforts budgétaires placés sous le signe de l’équité
Sur le plan intérieur, Philippe a reconnu que la Belgique traverse une période difficile pour ses finances publiques. La réduction du déficit et la maîtrise de la dette nécessiteront des efforts, alors que le pays doit également faire face à la volatilité des prix de l’énergie et à l’augmentation des investissements dans la défense.
Le souverain a toutefois exprimé sa confiance dans la capacité des gouvernements à prendre les décisions nécessaires « dans la concertation et dans un esprit d’équité ». Il a également insisté sur le potentiel d’une coopération renforcée entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles, notamment en matière d’emploi et de mobilité des travailleurs.
L’école, miroir des tensions sociales
Une partie importante du discours a été consacrée à l’enseignement. Le Roi a rappelé le rôle central de l’école dans le maintien de la cohésion sociale, tout en constatant que les enseignants subissent aujourd’hui une pression considérable.
Après plusieurs mois marqués par des tensions dans le secteur, il a appelé à retrouver « sérénité et respect mutuel » afin que les établissements scolaires puissent remplir pleinement leurs missions dès la rentrée.
Le souverain a également rendu hommage aux professionnels et associations qui accompagnent les personnes souffrant d’un déclin cognitif. Il a invité la société belge à faire preuve de davantage d’humanité et de tendresse envers les plus vulnérables.
Une défense du droit international
Sur le plan international, le roi Philippe a dénoncé les États et groupes armés qui s’affranchissent des règles communes et mènent des guerres qu’il qualifie d’insensées et de cruelles.
Il a rappelé que les conflits actuels ne devaient pas faire oublier les grands défis mondiaux : pauvreté, dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité et épuisement des ressources naturelles. Face à ces menaces, il a plaidé pour une action concertée, le respect des règles internationales et le soutien aux institutions chargées de les faire appliquer.
« Nous ne pourrons les surmonter qu’ensemble »
Le fil conducteur de l’allocution royale a été celui de l’unité. Qu’il s’agisse du déficit budgétaire, de la polarisation sociale, de l’instabilité géopolitique ou du réchauffement climatique, le Roi estime que ces problèmes partagent une même exigence : la nécessité d’agir collectivement.
« Nous ne pourrons les surmonter qu’ensemble, en nous appuyant sur ce qui nous unit, plutôt que sur ce qui nous divise », a-t-il déclaré, appelant les citoyens à préserver la capacité du pays à « faire société ».
Une journée de cérémonies et de festivités
Les célébrations officielles ont débuté par le Te Deum à la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, en présence du Roi, de la Reine Mathilde et de leurs quatre enfants. D’autres membres de la famille royale ont assisté à des offices à Liège et à Hasselt.
La famille royale devait ensuite prendre part au défilé militaire et civil sur la place des Palais, avant de participer à plusieurs activités populaires dans la capitale. La journée devait s’achever par un spectacle laser et le traditionnel feu d’artifice au parc du Cinquantenaire.
Par son discours, le roi Philippe a ainsi voulu replacer la solidarité, le respect mutuel et la responsabilité collective au cœur de la Fête nationale belge.




