Le groupe bancaire estime notamment que sans garantie de l’État, le risque « non assurable de l’invalidation des comptes de campagne qui peut toucher des candidats de premier plan » est trop important.
Le Crédit mutuel Alliance fédérale, qui regroupe l’essentiel des caisses régionales du Crédit Mutuel et le réseau CIC, a décidé de ne pas financer de candidats à l’élection présidentielle, estimant que les garanties apportées par l’État n’étaient aujourd’hui pas suffisantes.
« Faute de garantie explicite votée par le Parlement, le groupe ne financera aucun candidat » à l’élection présidentielle, a déclaré ce jeudi le patron de la banque Daniel Baal, aussi président de la Fédération bancaire française (FBF), en marge de la présentation des résultats financiers du premier semestre.
Le sujet est crucial pour le Rassemblement national (RN) et sa candidate Marine Le Pen, qui peinent à trouver un financement. Le cabinet du Premier ministre et des représentants des principales banques françaises avaient pourtant évoqué mi-juillet, lors d’une réunion à Matignon, la piste d' »un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l’État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement », indiquaient la semaine dernière les services du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Le risque d’une invalidation des comptes de campagne
En l’état, le Crédit Mutuel, qui a financé par le passé plusieurs campagnes présidentielles, n’en ferait pas partie. L’objectif de Matignon est notamment de se prémunir contre d’éventuelles ingérences étrangères. Le RN avait dû emprunter de l’argent en Russie pour des échéances électorales en 2014, puis auprès d’une banque hongroise en vue de la présidentielle de 2022.
« Le vrai risque non assurable est celui de l’invalidation des comptes de campagne (…) qui peut toucher des candidats de premier plan », a souligné Daniel Baal, sans citer le cas de Nicolas Sarkozy en 2012.
C’est contre ce risque précisément que la FBF demande une garantie de l’État. « Il n’existe pas de droit au crédit », a défendu Daniel Baal, mais « d’une manière générale, les banques françaises ont affiché leur volonté de participer à la bonne marche du pluralisme ». Selon lui, l’élection présidentielle « revêt un caractère particulier, notamment par rapport aux montants de prêts élevés qui sont nécessaires pour le financement » d’une campagne.
Interrogées sur le sujet par l’AFP, la Banque postale et la Société Générale n’ont pas souhaité commenter. Les autres banques contactées, BNP Paribas, Crédit Agricole et le groupe BPCE, n’ont pas répondu. « En application des standards habituels de gestion des risques en matière d’octroi de crédits et de conformité, le groupe Société Générale ne finance pas les partis politiques depuis de nombreuses années », avait toutefois indiqué fin avril ce groupe bancaire, ex-banque du Front national (ancien nom du RN) dont elle avait fermé les comptes fin 2017.
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