Dans les colonnes du quotidien local Diario de Mallorca, l’éditorialiste Matías Vallés semble extrêmement remonté contre le président américain. Et il le fait savoir à travers une singulière envolée lyrique qui, avec une bonne dose d’ironie, mélange une multitude d’arguments et de références historiques. “Donald Trump vient d’inclure l’Espagne avec les honneurs dans le fameux ‘axe du mal’ crée en son temps par George Bush ! Le président américain nous déteste plus qu’il ne déteste l’Iran. Son avalanche d’insultes ne constitue pas seulement un obstacle de taille pour les aspirations de la sélection espagnole à remporter la Coupe du monde nord-américaine. Nous ne sommes qu’à un pas du slogan ‘Bomb Spain’.”
Ce qui fait réagir de cette façon originale le journaliste espagnol, ce sont les déclarations du président américain lors du sommet de l’Otan à Ankara ce 8 juillet 2026. Donald Trump, assis aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, s’est en effet exprimé en ces termes, rapporte, depuis Barcelone, La Vanguardia.
“Nous ne voulons plus faire aucune affaire avec l’Espagne. J’aimerais que cela cesse. L’Espagne est un très mauvais partenaire au sein de l’Otan. Elle ne participe pas, elle ne paie pas. Je ne veux plus avoir affaire à l’Espagne. Cessez tout commerce avec l’Espagne, s’il vous plaît, y compris les visites.” Une attaque verbale, celle de Trump, qui n’a pas déstabilisé plus que ça Pedro Sánchez. En effet, note El País, plus tard dans la journée, le Premier ministre espagnol a déclaré avoir “parlé de football et de la Coupe du monde” avec Trump lors d’une “conversation informelle”, où il n’y aurait eu “aucune tension”, et où tout se serait déroulé “dans la bonne humeur”.
Si le leader socialiste s’est montré si tranquille, analyse ensuite le média progressiste, c’est peut-être parce que l’année dernière déjà, “Trump avait menacé l’Espagne de ‘droits de douane terribles’, sans que cela n’aboutisse finalement a rien de concret”. Et pour cause. “Dans un marché unique comme celui de l’Union européenne, les règles sont claires, explique le quotidien madrilène. On ne peut pas rompre avec un seul membre de l’UE, il faudrait le faire avec tous en même temps.” Quant aux informations qui avaient circulé cette année sur une présumée volonté des États-Unis d’exclure l’Espagne de l’Otan, El País, qui cite les règles des traités, est tout aussi catégorique : “Trump ne peut pas le faire non plus.”
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