Le Conseil national de productivité recommande notamment de « renforcer durablement l’emploi des seniors » estime qu’ugmenter les dépenses militaires « pourrait devenir un levier de productivité ».
Le Conseil national de productivité (CNP) nuance dans son sixième rapport, publié mercredi, le diagnostic d’un décrochage de la productivité française après la crise sanitaire, mais alerte sur les défis structurels à venir.
Selon le CNP, organisme présidé par l’économiste Natacha Valla, la perte de productivité depuis 2020 est moins importante qu’initialement estimé : fin 2025, la productivité par tête « aurait quasiment retrouvé » son niveau d’avant-crise, avec un écart de seulement 0,7 point par rapport à 2019.
La productivité mesure la quantité de richesse produite avec une quantité donnée de travail ou de capital. Cependant, le retard par rapport à la tendance qu’on observait avant le Covid reste de quatre points et la France conserve une compétitivité « encore fragile ».
« Renforcer durablement l’emploi des seniors »
Le rapport, intitulé « les nouveaux contours de la productivité française », identifie trois enjeux majeurs pour la croissance future : la diffusion de l’innovation, le vieillissement démographique et le réarmement. Le CNP constate que la croissance de la productivité dépend non seulement de l’existence des innovations, mais aussi de la capacité à les « diffuser », et, pour les entreprises, à les intégrer.
Le CNP suggère ainsi que les politiques publiques d’innovation soient « davantage articulées avec des dispositifs favorisant l’adoption technologique, la montée en compétences des salariés et des dirigeants, l’accompagnement des transformations organisationnelles et le développement des coopérations entre entreprises ».
Par ailleurs, face au vieillissement de la population, le CNP recommande de « renforcer durablement l’emploi des seniors », tout en améliorant « la qualité des emplois et les conditions de travail », d' »adapter les postes tout au long de la carrière », de développer la formation aux compétences numériques et les reconversions en fin de carrière.
Enfin, le CNP souligne que l’effort de réarmement (2,1% du PIB dans l’UE en 2025 contre 3,1% aux États-Unis), pourrait devenir un levier de productivité, à condition que les dépenses soient orientées vers la R&D à la fois civile et militaire. Les États-Unis sont les plus avancés, observe le CNP, avec 0,4% de leur PIB consacré à la R&D de défense, contre 0,05% en France et 0,08% en Allemagne. « Une augmentation des dépenses militaires aurait un effet positif sur la croissance économique et la productivité à long terme, d’autant plus fort que la part de la R&D dans ces dépenses est élevée », estime le CNP.
Source:
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