Arthur Portier, consultant chez Argus Media et agriculteur, fait état des conséquences des hausses des températures sur la production de céréales en France. Il était l’invité de Good Morning Business ce mercredi 5 août.
Le mois de juillet 2026 a été le plus chaud jamais enregistré. Les conséquences se sont fait ressentir sur la production de céréales, comme l’explique Arthur Portier, consultant chez Argus Média et agriculteur dans l’Oise et en Seine-et-Marne, où il cultive céréales et oléagineux avec ses deux frères depuis 2018. D’une part, les céréales semées à l’automne et récoltées l’été, comme le blé, l’orge et le colza, ont été récoltées très précocement, en raison du déficit hydrique et de la canicule.
« Il y a une tendance à des récoltes précoces, mais au-delà de la précocité, il y a eu un cycle de production tellement accéléré qu’il y a eu des pertes de rendement. La baisse de la production de blé tendre s’élève entre 7% et 8% en France cette année », détaille Arthur Portier.
D’autre part, concernant les cultures semées au printemps comme le maïs, le tournesol ou la betterave, « la catastrophe s’annonce importante, surtout pour le marché du maïs », a-t-il lâché.
« Habituellement, ce sont 12 à 13 tonnes de maïs par an qui sont produites. C’est la double peine car il y a une baisse des surfaces de production de 19% à cause de la hausse des prix des engrais, liée à la guerre au Moyen-Orient et, en parallèle, une baisse de rendement. »
Selon lui, la production pourrait passer sous les 7 millions de tonnes en France, un plus bas depuis 50 ans.
« Les agriculteurs se sont toujours adaptés »
Ces épisodes de sécheresse et de stress hydrique sont appelés à se renouveler, fragilisant considérablement les productions agricoles. Pour Arthur Portier, la science doit soutenir le monde agricole, avec des semences adaptées, par exemple.
« Les chocs et les à-coups de production sont de plus en plus importants, il va falloir qu’on trouve une certaine régularité. Mais les agriculteurs se sont toujours adaptés », explique Arthur Portier.
Le 21 juillet, le Sénat a voté le projet de loi d’urgence agricole, actant notamment la réintroduction à titre dérogatoire de l’acétamipride et de la flupyradifurone, deux pesticides interdits en France. Objectif : « répondre au malaise des agriculteurs », selon le gouvernement. Un texte largement décrié. Des députés « insoumis » et écologistes ont d’ailleurs saisi le Conseil constitutionnel le 24 juillet. Pour Arthur Portier : « On utilise beaucoup le terme d’urgence. Mais le terme « urgence » on l’utilise tellement fréquemment qu’il n’y a plus rien d’urgent. Il faut construire un plan, une politique durable. »
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