Dans son dernier livre, l’écrivaine et journaliste française Virginie Troussier nous invite à un voyage du regard et de la pensée en observant les nuages, présages du temps qui passe et qui s’en vient.
Ils sont le visage du vent et de la pluie. Larmes du ciel en suspens, flocons blancs vaporeux ou menaçants… Plus que tout autre élément naturel, les nuages sont une source d’émerveillement et d’inspiration, propices à la contemplation et la rêverie.
Les paysans, les marins ou les montagnards les regardent aussi avec une attention décuplée, façonnant une certaine science des nuages. Les météorologues les ont classés, inventoriés : Cirrus, griffes cotonneuses dans le ciel, Stratus ou « étendue » pour désigner les formes allongées ; Cumulus pour qualifier ces amas en paquets ou en balles de coton…
Les nuages sont donc des phénomènes précis, amas de vapeur d’eau dans l’atmosphère. Mais avec leurs formes variées, changeantes, leur caractère à la fois singulier et universel, les nuages offrent à toutes et tous des paysages, des horizons infinis, dans lesquels l’autrice férue de mers et de montagnes, Virginie Troussier, nous invite à plonger.
Son Petit éloge des nuages, qui vient de paraître en France, a alors des airs de « Petite philosophie des nuages », interrogeant notre liberté de regard dans un monde truffé d’écrans, la place du mouvement et de l’éphémère dans des vies parfois trop rangées, le rôle de la poésie et du rêve, sel de l’existence et de la création littéraire de cette femme libre, adepte de la voile et de la grimpe, habitée par les mots.
Après avoir grandi dans les Alpes, Virginie Troussier vit désormais entre Paris et la Bretagne. Et depuis une décennie au moins, elle nous livre des récits sensibles d’alpinisme, de destins sportifs ou de vies maritimes qui interrogent notre rapport intime aux éléments, où la géographie importe et nous emporte, autant que les nuances du ciel…
Tout en regardant ce ciel mouvant, Virginie Troussier convoque également dans son livre des destins singuliers : le pharmacien anglais du XVIIIè siècle Luke Howard, « l’homme qui a inventé les nuages », des chasseurs de tornades, des « nimbophiles » réunis en société, des peintres anglais fascinés par les variations du ciel, l’alpiniste Nicolas Jaeger disparu dans les nuages sur la face Sud du Lhotse en 1980, le peintre des alpages Samivel, le philosophe des éléments Gaston Bachelard ou les époux Krafft, volcanologues de renom, en quête de nuages de cendres.
Une fois refermé ce petit éloge, on est alors tenté d’aller dehors, s’allonger sur un bout d’herbe ou de sable et lever le nez, pour avoir nous aussi la tête dans les nuages.
► À lire :
– Petit éloge des nuages, de Virginie Troussier. Éditions Les Pérégrines. 2026
– Au milieu de l’été, un invincible hiver, de Virginie Troussier. Éditions Paulsen Guérin. Prix Jules-Rimet 2021
– L’homme qui vivait haut, de Virginie Troussier. Éditions Paulsen Guérin. 2023
– La fin des nuages, de Mathieu Simonet. Éditions Julliard. 2023.
► À voir :
– Le site de l’Atlas international des nuages, par l’Organisation Météorologique Mondiale
– La journée internationale des nuages, crée par Mathieu Simonet, a lieu chaque année le 23 mars
– Le site de la Cloud Appreciation Society, une société de nimbophiles, amateurs de nuages
– Le travail de l’artiste néerlandais Berndnaut Smilde qui place des nuages dans des scènes d’intérieur ou celui de James Turell, immense artiste de la lumière, qui crée notamment des expériences immersives du ciel à travers l’architecture.
Source:
www.rfi.fr



