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L’art urbain squatte à nouveau le Petit Palais tout l’été dans une grande expo gratuite

Plus de 200 œuvres produites par 75 artistes français et internationaux, une entrée toujours libre : Mehdi Ben Cheikh, commissaire invité pour la deuxième fois au Petit Palais avec l’expo « We Are [Still] Here », n’a pas changé de cap : « Là où s’élèvent aujourd’hui le Petit Palais et le Grand Palais se trouvait jadis le palais de l’Industrie, où s’est tenu en marge le Salon des Refusés de 1863, pointe le directeur de la galerie Itinerrance à Paris. Les Refusés de cette époque ont écrit l’histoire. Les refusés d’aujourd’hui procèdent de la même manière. »

Ce parallèle avec des artistes qui bousculent les codes, à l’instar d’Édouard Manet et de son Déjeuner sur l’herbe en 1863, n’est pas qu’une posture. Il dessine un programme. Dès les premières salles, les œuvres dialoguent avec les collections permanentes. Le Britannique D*Face installe sa vanité contemporaine, Memento Viveri, en marbre de Carrare.


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Des pépites contemporaines à dénicher dans les collections

Exposition « We are [still] here » au Petit Palais à Paris

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© Petit Palais / Paris Musées / photo : Nicolas Borel

Le visiteur circule comme dans une chasse aux trésors entre pièces inédites et décors classiques. Maxime Siau expose extincteurs, baskets et ballon en céramique façon Delft. Nilko propose une « Bergère » répondant au berger de Jean-Baptiste Greuze. Sun7 présente ses vases saturés d’inscriptions, né d’un choc visuel new-yorkais : « J’ai vu des vases Qing recouverts d’écriture. Ça m’a donné envie de réaliser ces accumulations de tags en argenté. » Les lettres se répètent, deviennent un motif décoratif, une échappatoire au lisible. Intégrés au parcours permanent depuis 2024 dans le cadre d’une donation en cours, le Français Seth, connu pour ses enfants colorés, ainsi que la précieuse madone du Sud-Américain Inti, contribuent à montrer l’intemporalité de certains sujets.


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Des hommages généreux tous azimuts

L’Irlandais Conor Harrington met en scène un festin où l’ancien est en couleur, le contemporain en noir et blanc, façon de mettre en exergue cette tension entre histoire et présent, sans la résoudre. Une mosaïque de l’artiste Invader flashée – une de plus dans votre application FlashInvader !–, l’œil se laisse surprendre par la sculpture hyperréaliste d’un homme assis, tête recouverte par la capuche de son hoodie gris, par Mark Jenkins.

Sculpture de Mark Jenkins pour l’exposition « We are [still] here » au Petit Palais à Paris

Sculpture de Mark Jenkins pour l’exposition « We are [still] here » au Petit Palais à Paris

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© Petit Palais / Paris Musées / photo : Nicolas Borel

Avant d’admirer un célèbre nu XVIIIe de François Boucher, revu avec la générosité débordante de Speedy Graphito, lequel a truffé sa toile hommage de références artistiques sur plusieurs générations : « Je vois l’art comme une famille. […] c’est une continuité, et non quelque chose de fragmenté. J’aime qu’avec une micro surface, un artiste puisse déployer un univers graphique immédiatement reconnaissable. » On s’arrête sur ce paysage qui rappelle Paul Cezanne, ces lignes noires et blanches qui zigzaguent comme un Vasarely.


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La dernière salle : magistrale !

Exposition « We are [still] here » au Petit Palais à Paris

Exposition « We are [still] here » au Petit Palais à Paris

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© Petit Palais / Paris Musées / photo : Nicolas Borel

Mais c’est en fin de parcours, dans la grande salle Concorde, que l’accrochage aux 130 œuvres à touche-touche est des plus spectaculaires. L’esprit des salons indépendants du XIXe siècle rayonne avec une effronterie farouche. Des pointures du street art, tels Vhils, Shepard Fairey ou Nasty, y côtoient des talents comme Jana & JS et leurs assemblages mémoriels. Codex Urbanus convoque le fantôme de Kilroy, un petit personnage griffonné par les soldats américains pendant le débarquement de Normandie, « première forme de street art peut-être », avance-t-il. « C’est un clin d’œil à la longue histoire du mouvement. On est toujours là, dans la rue… Et maintenant aussi au musée ! »


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We Are [Still] Here

Du 20 juin 2026 au 20 septembre 2026


Source:

www.beauxarts.com

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