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L'Assemblée rejette la motion de censure écologiste dénonçant la gestion de la canicule

Sans surprise, l’Assemblée nationale a largement repoussé, lundi 6 juillet, la motion de censure déposée par les écologistes contre le gouvernement de Sébastien Lecornu. Un vote qui a divisé la gauche, la majorité des députés du PS refusant de s’y associer.

Seuls 132 députés ont voté pour, loin des 289 voix nécessaires pour renverser le gouvernement. Selon une source parlementaire, 7 députés du groupe GDR (sur 17), la totalité du groupe LFI, 32 députés du groupe écologiste sur 38 et 20 députés du groupe PS sur 68, dont le Premier secrétaire Olivier Faure, ont voté le texte. 

Ce résultat ne faisait aucun doute, le Rassemblement national ayant annoncé ne pas vouloir « rendre service » aux Écologistes en joignant ses voix à cette partie de la gauche.

Sébastien Lecornu en a tout de même profité pour défendre son action, accusant les signataires de la motion « d’instrumentaliser les victimes » de ces épisodes successifs de forte chaleur.

Surtout, cette motion de censure visait selon lui « à éprouver les rapports de force à gauche, à exercer une pression sur ses différentes composantes et à distribuer des brevets d’opposition avant l’élection présidentielle », a-t-il lancé. « Personne n’est dupe », a-t-il ajouté.

« Les Français suffoquent de la canicule »

Ce débat, qui s’est tenu dans un hémicycle quasiment vide, a en effet exacerbé les divisions au PS, entre Olivier Faure qui voulait « adresser un avertissement clair », et une majorité du groupe PS qui défendait une position inverse. 

Le Premier secrétaire est apparu bien esseulé sur les bancs de son parti lundi dans l’hémicycle au moment des discours.

« Notre responsabilité n’est pas d’ajouter de l’instabilité à l’inaction. Le changement climatique n’attend pas les élections », a expliqué le député Fabrice Barusseau, orateur des socialistes à la tribune.

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Sébastien Lecornu avait répondu dimanche à une partie des demandes du PS, en annonçant l’inscription au Sénat d’une proposition de loi sur l’adaptation au changement climatique, mais sans annoncer de hausse du Fonds vert.

La baisse ces dernières années de ce fonds, destiné à financer les projets des collectivités territoriales pour l’adaptation au changement climatique, est un des principaux reproches faits au gouvernement par la gauche.

« Les Français suffoquent de la canicule. Et si le gouvernement regarde ailleurs, le censurer est un devoir », a écrit la patronne des Écologistes Marine Tondelier sur X.

Votre crucial sur la primaire

Cette divergence entre le patron du parti et les députés socialistes intervient à quelques jours d’un vote crucial des militants du PS, appelés jeudi 9 juillet à trancher sur la stratégie de désignation d’un candidat pour la présidentielle, avec deux scénarios de primaires sur la table.

Tous deux actent qu’il y aura une primaire réservée au camp social-démocrate (avec des candidats socialistes et Raphaël Glucksmann), mais elles diffèrent sur le corps électoral.

La première, soutenue par Olivier Faure, souhaite qu’elle soit ouverte aux sympathisants et n’exclut pas l’organisation d’une seconde primaire ensuite avec le reste de la gauche non-mélenchoniste (Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain…).

À voir aussiJean-Didier Berger : « La motion de censure des écologistes est totalement démagogique »

La seconde option souhaite qu’elle soit réservée aux seuls militants du PS et de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann, et n’envisage pas de seconde primaire ensuite.

Selon l’entourage de Boris Vallaud, le vote sur la motion de censure ne reproduit pas les dissensions sur la stratégie pour 2027, arguant que des députés soutiens du Premier secrétaire se sont tout de même opposés à censurer le gouvernement sur la canicule.

Néanmoins, « cela renforce la confusion générale autour du PS », reconnait un député opposant à Olivier Faure.

Le choix des socialistes sur la censure a en tout cas fait réagir les Insoumis : « Ils confirment leur dissolution définitive dans le bloc macroniste », a martelé sur X le député LFI Aurélien Le Coq.

« C’est un nouveau signe d’un retour à l’ère Hollande. On l’a déjà dit à plusieurs reprises : cette inclinaison-là se fera sans nous », appuie un proche de Marine Tondelier. 

Avec AFP


Source:

www.france24.com

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