Les oiseaux chantent et ils entendent « plus vite » que nous : nous ne pouvons pas percevoir la complexité du chant de l’alouette des champs par exemple, beaucoup trop rapide. Les oiseaux captent plus de détails par unité de temps que nous (nous nous attachons plus à la mélodie générale).
Les oiseaux sont aussi capables de vocaliser en expirant ET en inspirant, donc de chanter sans s’arrêter ! L’alouette des champs peut chanter plusieurs minutes non stop.
Enfin, les oiseaux peuvent chanter avec deux voix en même temps ! Ils n’ont pas de larynx comme nous, mais une syrinx, capable d’émettre des sons dans les deux bronches. Des oiseaux de mer rassemblant leurs petits dans des crèches, comme le goéland railleur ou le manchot empereur utilisent le petit battement sonore provenant de la différence entre leurs deux voix. C’est ce qu’on entend quand une guitare est mal accordée par exemple.
Entendre un son dans le concert de centaines d’autres, c’est ce qu’on appelle « l’effet cocktail », quand on distingue une conversation dans le brouhaha de dizaines d’autres. Les oiseaux en sont capables.
Enfin, ils ont une puissance de son incroyable pour leur taille. Le minuscule troglodyte mignon, qui ne dépasse pas 9 cm de long (de la pointe du bec au bout de la queue) chante étonnamment fort. Aussi fort que le sifflet de l’arbitre, sauf que ce sont les grands poumons de l’humain qui permettent une telle vigueur. Le troglodyte, lui, a plutôt la taille du sifflet ! Il doit la force de son chant à ses sacs aériens, qui occupent 15 % du volume des oiseaux. Ils fonctionnent comme des soufflets, et lui permettent ce tapage diurne dans les buissons.
Livre : « Comprendre facilement les oiseaux », Marc Giraud, dessins Sylvain Leparoux, éditions Delachaux et Niestlé 2026.
Source:
www.radiofrance.fr



