Trois pianistes virtuoses – Glenn Gould, le narrateur et Wertheimer – se sont rencontrés dans leur jeunesse. D’emblée, Gould s’est imposé comme un génie, détournant définitivement les deux autres de leur carrière. Alors que le narrateur s’est voué à la rédaction d’un interminable essai sur Gould, Wertheimer s’est engagé sur la voie fatale du « sombreur » jusqu’au suicide. Un soliloque-fleuve impitoyable dont Thomas Bernhard a le secret.Enregistré en public et en direct du Festival d’Avignon du jardin du musée Calvet
Avec Jacques GamblinMusique : Anthony CapelliRéalisation : Baptiste GuitonAdaptation : Pauline ThimonnierTraduction de l’allemand par Bernard Kreiss publiée chez Gallimard. Thomas Bernhard est représenté par l’Arche, agence théâtrale.
Le grand écrivain autrichien Thomas Bernhard (1931-1989), célèbre pour ses provocations envers son pays et qui n’a eu de cesse dans son œuvre de fustiger les relents d’antisémitisme en Autriche, nous offre ici un soliloque-fleuve impitoyable, jusqu’aux limites de la folie, qui fait émerger la complexité de trois trajectoires et explore la question du génie.Le narrateur a rencontré Glenn Gould et Wertheimer au Mozarteum de Salzbourg où ils ont suivi le prestigieux cours d’Horowitz. Tous trois sont alors de jeunes pianistes talentueux. Mais d’emblée, Gould s’impose comme un génie triomphant, détournant définitivement les deux autres de leur carrière de pianiste virtuose. Le narrateur se sépare brutalement de son Steinway, se vouant dès lors à la rédaction sans fin d’un essai sur Glenn Gould. Quant à Wertheimer, tel que va s’amuser à le surnommer Glenn, il est « le sombreur ». Vingt-huit ans après la première rencontre des trois amis, et quelque temps après la mort de Glenn Gould foudroyé par une attaque au beau milieu des Variations Goldberg de Bach, Wertheimer se suicide par pendaison à côté de la maison de sa sœur partie vivre en Suisse avec un riche industriel. En revenant de l’enterrement de son ami pour se rendre au pavillon de chasse où celui-ci s’était réfugié peu avant, le narrateur plonge dans le passé, comme en quête d’une vérité, s’engouffrant de manière obsessionnelle dans le ressassement de ses souvenirs, y retournant toujours et sans cesse avec d’infinies variations, comme en écho à celles de Bach.Assistante à la réalisation : Florine PérennesTechnique : Bastien Varigault, Paola Colin, Jean-Benoît Têtu
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