Dans un entretien à la Tribune Dimanche, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, estime que les industriels risquent « une rupture de confiance définitive avec les consommateurs » s’ils continuent de vouloir augmenter leurs prix.
Les négociations commerciales achevées le 1er mars vont-elles rouvrir pour tenir compte des répercussions de la guerre au Moyen-Orient? C’est en tout cas ce que souhaiteraient les industriels de l’agro-alimentaire, lesquels estiment que les prix négociés ne reflètent plus la réalité des coûts des matières premières qui ont augmenté depuis le début du conflit.
Les distributeurs, eux, refusent catégoriquement de rediscuter des prix et « à cette date nous n’avons que très peu de demandes de hausses de prix concrètes et argumentées de la part des entreprises », assure dans La Tribune Dimanche Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U.
Le dirigeant souligne par ailleurs que dans ce contexte d’incertitude et face à la flambée des prix des carburants, les consommateurs font de l’alimentaire une variable d’ajustement: « Les consommateurs ont basculé massivement vers les marques distributeur, lesquelles sont 20 à 25% moins chères pour une qualité souvent équivalente (aux marques nationales, NDLR) puisque fabriquées par des PME françaises ».
Dominique Schelcher estime ainsi que les industriels « doivent tenir compte » de cette situation. « S’ils continuent d’augmenter leurs prix au-delà de ce que la réalité imposerait, ils courent le risque d’une rupture de confiance définitive avec les consommateurs. On l’a vu avec le chocolat de Noël et de Pâques qui s’est moins vendu cette année car il est devenu trop cher ».
Des hausses minimes de 0,05% en moyenne
Selon le bilan de l’Observatoire des négociations commerciales, les industriels de l’agroalimentaire ont obtenu des hausses moyennes de prix minimes (+0,05%) lors des dernières négociations commerciales avec la grande distribution, très loin des +3,5% qu’ils demandaient.
La fin des négociations a coïncidé cette année avec le début de la guerre au Moyen-Orient, à l’origine d’une flambée des prix du pétrole, du gaz, mais aussi des emballages, des engrais et du gazole agricole. Face à cette nouvelle donne, plusieurs industriels, comme les coopératives laitières derrière les marques Yoplait ou Soignon, ont demandé dès début avril une réouverture des négociations.
Ces demandes sont « limitées » et « prématurées », avait rétorqué la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). De son côté, le gouvernement a choisi de temporiser. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a notamment déclaré que « la réouverture des négociations 2026 « est une option, mais nous n’en sommes pas encore là ».
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