Selon une étude de l’Insee et de la Dares, environ un tiers des métiers ont vu une progression de leur pouvoir d’achat entre 2019 et 2024, une tendance très différente selon les professions.
Seuls 121 professions et catégories socioprofessionnelles du secteur privé sur 343 ont vu le pouvoir d’achat de leur salaire à temps plein progresser entre 2019 et 2024, période marquée par la crise du Covid-19 et une forte poussée inflationniste, ont rapporté ce jeudi 2 juillet l’Insee et la Dares.
Toutes professions confondues hors agriculture, le salaire net moyen pour un temps plein était de 2.820 euros par mois en 2024, en hausse de 15,7% par rapport à 2019, mais seulement de 0,8% une fois prise en compte l’inflation, constatent l’Institut national de la statistique et le service statistique du ministère du Travail dans une publication conjointe. Les tendances diffèrent beaucoup en fonction des métiers exercés.
Les professions de santé ont vu une progression de leur pouvoir d’achat
Ainsi les professions de l’information, de l’art et des spectacles ont vu leur pouvoir d’achat reculer de 7,1% sur la période, les ingénieurs et les cadres techniques voyant le leur se dégrader de 4,3%. Les professions intermédiaires administratives et commerciales ont perdu 3,3%, les cadres administratifs et commerciaux 2,9%.
À l’opposé, les dentistes, psychologues et vétérinaires ont vu leur rémunération bondir de 8,4% durant la crise sanitaire (2019-2021), avant de perdre 2,8% de pouvoir d’achat durant les trois années suivantes. Sur l’ensemble de la période, leur gain est tout de même le plus élevé, avec 5,7%.
Ils sont suivis par les médecins et pharmaciens, qui ont gagné 4,6% de pouvoir d’achat. L’ensemble des professions de santé a vu son pouvoir d’achat progresser dans le même temps de 3,7% grâce aux mesures du Ségur de la santé, une concertation lancée par le gouvernement en mai 2020, en pleine crise sanitaire, pour renforcer ce secteur.
Le salaire en euros constants des employés et des ouvriers, qui comptent une proportion plus forte de salariés rémunérés autour du Smic, est resté presque stable (-0,3%), grâce à l’indexation sur les prix du salaire minimum, mais celui des cadres et des professions intermédiaires a reculé de 2%.
Cette baisse est due aux écarts de salaire entre les nouveaux entrants et les sortants (effet noria), plus importants chez les cadres et les professions intermédiaires, alors que le pouvoir d’achat des personnes restées en poste a progressé sur la période, précise l’étude. « Les sortants, en général vers la retraite, sont souvent mieux payés que les jeunes », a expliqué lors d’une présentation à la presse Vladimir Passeron, chef du département de l’Emploi et des revenus d’activité de l’Insee.
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