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Le renseignement d’affaires : arme de guerre économique au service de la souveraineté des entreprises

Anticiper les risques et identifier les opportunités en maitrisant l’information stratégique, c’est ainsi que vous définissez le but du renseignement d’affaires. En quoi cela consiste-t-il concrètement ?

M.-L. Camus : Lorsqu’une entreprise a la volonté de conquérir un marché ou souhaite nouer un nouveau partenariat, alors son dirigeant va faire appel à un cabinet de renseignement d’affaires afin, justement, d’anticiper les risques liés à ses prises de décisions.

Pour cela, le cabinet va mener des investigations pour vérifier l’honorabilité des partenaires, la véracité du marché, la surface financière des partenaires d’affaires ou le contexte géopolitique si le marché est à l’international. Or, c’est en anticipant les risques que nous allons identifier les opportunités et que nous allons pouvoir faire ce qu’on appelle des levées de doutes, comme cela se fait notamment à l’armée où j’officiais auparavant. Pour un dirigeant, la levée de doutes est particulièrement importante. Elle permet de remettre en perspective un projet et de remettre en question la stratégie du dirigeant qui va alors nécessairement identifier des opportunités.

Faire du renseignement d’affaires, c’est donc procéder à des levées de doutes sur des questionnements dans la stratégie d’un dirigeant — à travers des investigations techniques, économiques et humaines — afin d’aboutir à des opportunités.

De quel type d’opportunité parle-t-on ?

Cela peut être, par exemple, un levier de négociation qui va permettre d’économiser des sommes importantes ou de se positionner en force et d’obtenir des clauses plus avantageuses dans le contrat. Cela peut aussi conduire à abandonner le projet, car les risques sont trop importants, qu’ils soient économiques ou réputationnels.

En quoi le renseignement d’affaires diffère-t-il du renseignement traditionnel ou de l’espionnage industriel ou économique ?

La principale différence entre le renseignement classique et le renseignement d’affaires est la finalité. En effet, le renseignement d’affaires se pratique à des fins économiques pour le monde des affaires. Dans le renseignement traditionnel, nous allons retrouver d’une part le renseignement relatif à la vie privée des individus et bien sûr le renseignement d’État qui est un outil de l’État au service d’enjeux étatiques.

En revanche, l’espionnage industriel ou économique est un tout autre type d’activité qui consiste à utiliser des moyens illégaux à des fins de renseignement. Le renseignement d’affaires respecte le cadre légal. Il est très simple de faire de l’espionnage industriel car l’objectif est simple : obtenir de l’information sur l’industrie ciblée en utilisant tous les moyens à disposition, qu’ils soient légaux ou pas. Or, dans le renseignement d’affaires, la tâche est bien plus subtile puisqu’elle implique de maitriser le droit et la législation, qu’elle soit française, européenne ou internationale. On ne se comporte pas de la même manière en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie.

Respecter le cadre légal, c’est respecter le droit qui encadre nos actions en termes de renseignement. Il en va de l’éthique mais surtout de l’efficacité pour le client qui demande à obtenir du renseignement exploitable pour son activité.


Source:

www.areion24.news

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