Après un bel exercice 2025, les tour-opérateurs anticipent un été 2026 en demi-teinte, marqué par un repli des réservations et la crainte des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Face à l’attentisme des voyageurs et au renchérissement du long-courrier, les professionnels du tourisme misent désormais sur les réservations de dernière minute et l’arrière-saison pour limiter les pertes.
Après un été 2025 en croissance, les tour-opérateurs anticipent un été 2026 moins favorable, pénalisé par l’attentisme des clients sur fond d’incertitudes géopolitiques, selon le Syndicat des entreprises du Tour Operating (Seto).
« L’année 2025 a été une bonne année, un bel été. 2026 ne sera pas à la hauteur », a indiqué Patrice Caradec, le président du Seto, devant la presse jeudi.
Les réservations des tour-opérateurs membres du Seto pour l’été (1er mai au 31 octobre) affichaient un bon niveau fin février avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Mais le conflit a changé la donne: les trois mois suivants ont marqué un net repli. A fin mai, cela représentait un recul sur un an de 6,7% des réservations estivales.
« On a bien senti que le Français épargne en disant ‘Je veux partir, mais pour l’instant, je n’ai pas envie de me décider trop vite' », souligne le président du Seto.
Selon ce dernier, ce ralentissement a en particulier touché les destinations long-courriers, les hausses du prix du kérosène ayant renchéri le coût des forfaits.
L’Espagne toujours plébiscitée
En revanche, « les derniers retours du terrain indiquent depuis début juin une reprise pour les départs immédiats, le coeur de l’été et l’arrière-saison (septembre-octobre) qui pourrait compenser le manque de volumes des derniers mois », indique le Seto.
« Il ne faudrait pas rater l’arrière-saison pour pouvoir compenser un peu l’avant-saison qu’on a ratée », commente Patrice Caradec. « Il reste une clientèle opportuniste, attentiste, qui décidera en dernière minute ».
L’Espagne reste la première destination de l’été pour les Français, mais Grèce, Tunisie et Italie ont aussi la cote. La France est la seule destination qui voit le nombre de voyageurs grimper (+6,1% sur un an), dopée notamment par les moyennes montagnes avec leurs températures moins élevées, leurs prix attractifs en été et l’accent mis sur les activités multiples.
Le Seto a toutefois fait état d’un hiver positif, avec de « bons résultats qui auraient pu être meilleurs si le conflit au Moyen-Orient n’était pas venu perturber la fin de l’exercice ».
Pour les départs de novembre à fin avril, les membres du Seto ont réalisé un chiffre d’affaires de 1,85 milliard d’euros (+2,5%) avec un nombre de clients (1,1 million) en hausse de 1,4%. Le ski a dopé le nombre clients pour la France (+5,5%). L’Egypte (+34,3%), l’Italie (+13,9%) ou encore le Royaume-Uni (+20,2%) ont aussi séduit.
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