À 13 ans, je travaillais sur les marchés parisiens tout en faisant des livraisons dans le Sentier. Mon premier job consistait à aider un tripier à installer et démonter son stand sur les marchés de Pyrénées et de Jourdain, à Paris. Comme les marchés n’avaient lieu que deux jours par semaine, je complétais ce travail avec des courses pour des ateliers de confection du quartier du Sentier, où je transportais des pièces de pantalons entre différents ateliers.
À l’époque, je travaillais sans être déclaré, comme beaucoup de jeunes de mon âge issus de milieux modestes. J’étais payé en liquide et, même si j’avais seulement 13 ans, personne ne posait vraiment de questions. Je faisais ces petits boulots surtout en juin et juillet, avant les vacances d’été. Les journées commençaient très tôt. Il fallait être sur le marché dès 5h30 pour décharger les camionnettes, monter les stands et installer les marchandises. Moi, je travaillais à la triperie : les odeurs étaient fortes, il faisait froid, et le travail était physique. Et une fois que c’était terminé, il fallait encore tout ranger et recharger les véhicules.
Faut-il craquer pour le resto de Thierry Marx à la Tour Eiffel ?
Je gagnais environ 100 francs par semaine. Cet argent représentait surtout une forme de liberté : je n’avais plus besoin de demander de l’argent à mes parents. Mon premier achat important a d’ailleurs été un perfecto d’occasion, déniché à la porte de Clignancourt.
Je garde aussi le souvenir d’une énorme frayeur. Un samedi après-midi, épuisé, je me suis endormi chez moi pendant un orage. En me réveillant dans le noir, j’ai cru avoir raté le marché du dimanche matin. J’ai couru jusqu’à la boutique du tripier pour m’excuser avant de réaliser… qu’on était encore samedi.
Des années plus tard, cette expérience m’a surtout appris la dureté du travail manuel et m’a donné envie de trouver plus tard un métier qui me permettrait de gagner mon indépendance et de sortir de mon milieu social.
Série jobs d’été
Challenges a consacré une série d’articles aux premiers jobs d’été des patrons, en six épisodes. Le prochain épisode sera consacré à Clara Chappaz, l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, à retrouver dès ce mardi 4 août sur notre site.
« Il ne faut jamais juger un job sur son intitulé » : comment un job d’été a ouvert les portes d’Apple à l’ancienne ministre Clara Chappaz
Source:
www.challenges.fr




