Cela ne fait plus de doutes : les ouragans, cyclones et typhons sont de plus en plus pluvieux et ils se déplacent plus lentement qu’avant. Cette évolution est la recette parfaite pour donner lieu à un désastre de grande ampleur. Les fortes pluies peuvent ainsi tomber plus longtemps sur la même zone, ce qui génère à coup sûr davantage d’inondations.
Mais un débat n’a jusqu’à maintenant pas été tranché : les vents qu’ils contiennent sont-ils plus puissants qu’avant ? À ce sujet, les études scientifiques se contredisent encore parfois, mais les dernières études issues de la science de l’attribution (une discipline dont le but est de déterminer les causes d’une catastrophe météo) s’orientent vers un même constat : le réchauffement climatique semble finalement avoir un effet sur l’intensité des vents des phénomènes cycloniques.
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Selon Jeff Masters, scientifique et ancien chasseur d’ouragans pour la NOAA de 1986 à 1990, le lien entre force des vents des ouragans et réchauffement climatique était difficile à faire dans le passé car les premières données ne datent que de 1982. À l’époque, ces données étaient très pauvres.
Les mesures sont désormais bien plus précises, plus fournies, avec plus d’outils, et cela change l’étude des ouragans. Selon un rapport de Climate Central, le réchauffement planétaire a intensité les vents des ouragans de l’Atlantique Nord de la saison 2024 de 3 à 12 %.
L’augmentation du vent provoque une multiplication des dégâts
À première vue, une augmentation de 5 % des vents peut sembler anecdotique. Cependant, des vents 5 % plus forts ne provoquent pas 5 % de dégâts en plus (ce qui serait déjà significatif).
Selon les calculs du « multiplicateur de dégâts potentiels » de la NOAA, des vents d’ouragans 5 % plus forts entraînent en réalité une augmentation des dégâts de 50 % !
Selon la NOAA, des vents à 145 km/h au sein d’un ouragan donnent lieu à 4 fois plus de dégâts que des vents à 121 km/h, et des vents à 200 km/h à 60 fois plus de dégâts.

Le multiplicateur de dégâts potentiels des ouragans de la NOAA en fonction des vents. © NOAA
Un exemple économique concret avec l’ouragan Helene, qui a dévasté le sud-est des États-Unis en septembre 2024 et causé la mort d’au moins 250 personnes : la hausse mondiale des températures aurait augmenté l’intensité des vents de 11 %.

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Selon Yale Climate Connections, 44 % des 81 milliards de dollars de dégâts peuvent être reliés à cette hausse de 11 %.
D’ici 2050, 50 % de dégâts en plus liés aux ouragans ?
Selon une étude publiée dans l’American Meteorological Society, en 2020, et citée par le spécialiste Jeff Masters, un réchauffement planétaire à +2 °C (lequel pourrait être atteint d’ici 2050) entraînerait une augmentation moyenne de 5 % des vents à l’intérieur des ouragans (comparé à la moyenne 1986-2005).
Si ces prévisions sont justes, cela signifie que les ouragans qui toucheront les côtes dans le futur provoqueront une augmentation explosive des dégâts par rapport à ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. Et cela, d’autant plus sur des côtes de plus en plus urbanisées et de plus en plus peuplées.
Source:
www.futura-sciences.com



