Martin Schongauer (vers 1445 –1491) en bref
Peintre, dessinateur et graveur alsacien, Martin Schongauer est le plus grand buriniste germanique avant Albrecht Dürer et l’un des premiers artistes à rayonner à l’échelle européenne de son vivant. Il élève la gravure sur cuivre au rang de grand art, diffusant à travers le Saint-Empire un répertoire de formes d’une précision et d’une élégance inégalées. Surnommé « le Beau Martin » pour la grâce de son travail, il reste, au-delà du cercle des spécialistes, étonnamment méconnu.
La vie de Martin Schongauer en quelques dates
Un enfant du Rhin
Né vers 1445 à Colmar dans une famille originaire de Schongau, Martin est le fils de Caspar Schongauer, orfèvre établi en Alsace depuis 1440. Dans l’atelier paternel, il acquiert très tôt la maîtrise du burin, outil dont l’orfèvrerie et la gravure partagent alors l’usage. En 1465, il s’inscrit à l’Université de Leipzig avant d’entreprendre une formation itinérante, au cours de laquelle il se familiarise avec les primitifs flamands tels que Rogier van der Weyden et Dirk Bouts, dont l’influence marquera durablement son style.
Retour à Colmar
De retour à Colmar en 1470, il achète en 1477 la maison dite « au cygne » et y établit son atelier. Il y peint son chef-d’œuvre pictural et signe les deux panneaux aux figures douces et monumentales du Retable d’Orlier commandé par Jean d’Orlier, précepteur des antonins d’Issenheim.
La gravure, un art à l’échelle de l’Europe
C’est pourtant par ses 116 gravures sur cuivre, signées du monogramme « M + S », que Schongauer conquiert une renommée européenne. Exécutées vraisemblablement entre 1470 et 1490, ces estampes consacrées à la vie du Christ, à la Vierge, aux saints et à quelques sujets profanes s’imposent par une virtuosité sans précédent : compositions dépouillées, jeux de hachures, sens aigu du volume et de l’espace. Elles circulent de l’Espagne à la Bohême, inspirant Dürer et le jeune Michel-Ange.
Un maître que Dürer ne rencontrera jamais
Grand admirateur de Schongauer, Albrecht Dürer prend la route en 1490 avec l’intention de rejoindre son atelier à Colmar. Il n’arrive qu’en 1492, tandis que le « Beau Martin » est mort le 2 février 1491 à Vieux-Brisach où il travaillait sur les fresques monumentales du Jugement dernier dans la cathédrale Saint-Étienne.
Ses œuvres clés
La Vierge au buisson de roses, 1473
Martin Schongauer, La Vierge au buisson de rose, 1473
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Huile et tempera sur bois de résineux, • 200,2 × 114,4 cm. • © Région Grand Est – Inventaire général / Bastien Garnier, avec l’aimable autorisation du conseil de fabrique de la collégiale Saint-Martin à Colmar.
Seule œuvre datée de l’artiste et chef-d’œuvre de la peinture du Haut-Rhin, ce retable représentant la Vierge à l’Enfant dans un jardin clos est le témoignage le plus accompli de sa maîtrise picturale : précision naturaliste des oiseaux et des fleurs, monumentalité sereine de la figure, dialogue silencieux entre la mère et l’enfant qui lui enlace le cou. Le panneau a traversé bien des épreuves : raccourci sur ses quatre côtés, amputé de sa partie supérieure figurant Dieu le Père et la colombe du Saint-Esprit (dont l’état d’origine est restitué par une copie du XVIe siècle conservée au Isabella Stewart Gardner Museum de Boston), enchâssé au début du XXe siècle dans un retable néogothique, dérobé dans la nuit du 10 au 11 janvier 1972 avant d’être retrouvé 17 mois plus tard près de Lyon. Rien de tout cela n’a entamé la puissance d’un tableau devant lequel, depuis cinq siècles, les artistes n’ont cessé de revenir.
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La Tentation de saint Antoine, vers 1470–1475

Martin Schongauer, La Tentation de saint Antoine (Bartsch 47), Entre 1470 et 1475
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Estampe au burin • 31,2 × 23 cm • Coll. Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris • CC0 Paris Musées Collection
Une nuée de démons grotesques, mi-hommes mi-bêtes, assaille saint Antoine que la foi maintient impassible. Schongauer y déploie toute sa maîtrise du burin : espace, mouvement, texture des écailles et des fourrures, dans une composition savante et saisissante. Selon Giorgio Vasari, Michel-Ange en fit une version peinte vers 1487–1488, sa première peinture connue (conservée au Kimbell Art Museum de Fort Worth aux États-Unis).
Le Grand Portement de croix, 1475–1480

Martin Schongauer, Le Grand Portement de Croix, Entre 1475 et 1480
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Gravure au burin sur cuivre • 28,6 × 43 cm • Coll. musée Unterlinden, Colmar • CC0 Google Art Project
La plus grande estampe de Schongauer déploie la procession de croix menant le Christ au Golgotha. Au milieu des soldats et des prêtres, le Christ pose son regard directement sur le spectateur : un face-à-face d’une intensité poignante, rendu possible par la virtuosité du burin.
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Martin Schongauer. Le bel immortel
Du 8 avril 2026 au 20 juillet 2026
www.louvre.fr
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Pariswww.louvre.fr
Source:
www.beauxarts.com



