Pas question de céder au clientélisme, quand bien même il s’accompagne de menaces et d’intimidations. « Gouverner, c’est parfois savoir dire non », souligne le maire (LFI) de Creil (Oise), Omar Yaqoob. Mais certains de ses administrés ont du mal à entendre ce discours de fermeté, comme le raconte lui-même l’élu.
« Les faits remontent à samedi dernier, j’étais allé à la maison creilloise des loisirs, pour m’assurer que tout était en place pour la diffusion du match de Coupe du monde Maroc-Canada, explique le maire. Devant la salle, j’ai été approché par un groupe de jeunes et je suis allé discuter avec eux, je ne refuse jamais de parler avec les Creillois. Ils voulaient que je renouvelle le contrat d’un jeune qui a travaillé pour la ville, je leur ai expliqué que ce n’était pas possible pour des raisons budgétaires. »
« Un jeune cagoulé était en train de commettre des dégradations »
La conversation va alors changer de tonalité selon l’édile, la demande se faisant brusquement plus impérative. « L’un des jeunes est devenu plus menaçant, en me disant que je n’avais pas le choix, reprend Omar Yaqoob. Je n’ai pas cédé et j’ai maintenu mon refus. Il m’a alors dit qu’il allait brûler les bâtiments et les voitures de la ville. Je suis rentré dans la salle et cinq minutes plus tard, des passants sont venus me chercher car un jeune cagoulé était en train de commettre des dégradations sur ma voiture de fonction. »
L’arrivée des policiers a ramené le calme sur ce début de soirée mais pas question pour le maire de céder à l’intimidation. Une plainte ciblant l’auteur des menaces, qui a été identifié, a été déposée, ainsi qu’une plainte pour les dégradations. Ce que confirme le commissariat de Creil.
« Ce n’est pas par plaisir que je refuse de renouveler un contrat, c’est juste que les finances de la ville ne nous le permettent pas, précise le maire. Les décisions de recrutement seront prises selon des critères objectifs, transparents et dans le seul intérêt du service public. »
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