Les termes manquent pour qualifier l’incroyable prestation de Michael Olise, mardi 30 juin, lors du 16e de finale du Mondial 2026 remporté par la France contre la Suède (3-0). Double passeur décisif et premier défenseur à la perte de balle, il a été de tous les bons coups et aurait mérité un but en récompense.
L’attaquant, qui sort d’une saison remarquable avec son club du Bayern Munich, est monté en puissance avec les Bleus lors de la phase de groupes. Sur la pelouse du MetLife Stadium, face aux Suédois, il a marqué les esprits.
« Michael enchaîne les prestations de très, très haut niveau », a salué le sélectionneur Didier Deschamps. « Il a une influence qui est très importante. Quand Michael touche le ballon, il se passe des choses. Il alimente les joueurs offensifs et fait le lien entre les phases défensive et offensive. Il a ce caractère introverti et tellement sensible, mais sur le terrain, il a de la personnalité. »
À lire aussiCoupe du monde : les Bleus écrasent la Suède et rejoignent le Paraguay en 8es de finale
Un festival Olise
Positionné en N.10, il n’a pas hésité à redescendre dans son camp pour prendre les ballons et élargir le jeu ou lancer en profondeur Bradley Barcola (6e) et Kylian Mbappé, qui a marqué avant d’être signalé hors-jeu (20e).
C’est lui qui est à l’origine du premier but français : sur la gauche, il a lancé Dembélé, qui a décalé Mbappé. Le buteur du Real Madrid a slalomé dans la défense et marqué d’un enroulé du droit (45e), avant de dédier son but à Didier Deschamps, endeuillé par la perte de sa mère la semaine passée. Mais le meilleur était encore à venir. Aux 30 mètres, il a lancé d’une petite passe dans le trou Barcola, qui s’est décalé et a doublé la marque (52e).
Il a été une nouvelle fois passeur décisif pour le troisième but, le doublé de Mbappé (74e). Avec cette cinquième passe décisive depuis le début du tournoi, il mène le classement de la catégorie devant le Brésilien Bruno Guimaraes (4).
Il a aussi tenté des frappes, passées au ras du poteau (42e, 45e, 65e) et a frôlé le prix du plus beau but du tournoi quand son retourné acrobatique s’est écrasé sur le poteau gauche de Jacob Zetterström. Au rebond, Ousmane Dembélé a repris sans contrôle mais manqué le cadre (36e).
« Je pensais qu’il allait contrôler de la poitrine, parce qu’il n’a pas regardé le but avant », a expliqué Mbappé. « C’était un geste fantastique. Malheureusement, il a été malchanceux, mais on va au stade pour voir ce genre de geste. » Il a également tiré des coups francs et des corners et aurait encore pu marquer s’il n’avait pas vendangé un caviar de Mbappé en butant sur Zetterström (72e).
« Il est magnifique », s’est exclamé Malo Gusto, sorti du banc pour remplacer Jules Koundé à la 75e minute. « Il a aidé l’équipe comme à son habitude , on est très contents d’avoir ce genre de joueurs et s’il continue à nous faire gagner, on prend. »
À lire aussiMbappé, Dembélé, Olise : l’attaque de feu des Bleus
Un futur Ballon d’Or ?
À 24 ans, Michael Olise entre dans la cour des grands. Il avait déjà ébloui tout au long de la saison avec le Bayern en inscrivant 22 buts et 31 passes décisives, notamment en Bundesliga et en Ligue des champions. En toute logique, il a été nommé meilleur joueur du championnat d’Allemagne, réalisant le doublé national, même si l’équipe s’est inclinée en demi-finale de la Ligue des champions face au Paris Saint-Germain (PSG).
À lire aussiLigue des champions : Michael Olise, le gaucher providentiel du Bayern Munich
Lors de son dernier match avant la Coupe du monde, il avait également inscrit un triplé lors de la victoire 3-1 de la France en match amical contre l’Irlande du Nord.
Le joueur aurait pu ne pas régaler les supporters français. Né à Londres d’un père nigérian et d’une mère franco-algérienne, Olise avait le choix entre les sélections d’Angleterre, du Nigeria ou encore de l’Algérie. Mais c’est la France, dont il admirait les stars – Zinedine Zidane et Thierry Henry en tête –, et dont il a porté le maillot des sélections de jeunes, qu’il a choisie très vite.
« J’ai toujours eu une connexion avec l’équipe de France, c’est pourquoi je joue pour la France », avait-il ainsi expliqué en 2024 en conférence de presse. « Ma mère vient de France. Quand j’étais petit, je suis venu ici. J’avais cette connexion avec la France. Je suis fier d’être là. »
L’attaquant tape dans ses premiers ballons dans le club de Hayes & Yeading United, à l’ouest de Londres. Précoce, il intègre l’académie d’Arsenal dès l’âge de 8 ans, avant de rejoindre, quelques mois plus tard, celle de Chelsea. Sean Colon, l’un de ses anciens formateurs, affirmait en 2022 que « Michael a été le meilleur joueur de sa catégorie d’âge tout au long de sa carrière. Parfois, cela a presque joué contre lui : il ne pouvait pas comprendre la nécessité de travailler aussi dur. »
Cinq années plus tard, Olise n’est pas gardé par Chelsea. Après des essais du côté de Manchester City et de Tottenham en 2016, il rejoint ensuite l’académie du Reading FC. C’est dans ce club qu’il joue son premier match en professionnel en 2019. Ses débuts sont tonitruants. Il est nommé meilleur jeune du club.
Deux ans plus tard, il signe avec Crystal Palace, dans le sud de Londres. Il est alors sous les ordres de l’ancien international français Patrick Vieira, vainqueur de la Coupe du monde 1998. Ce dernier l’a d’ailleurs décrit auprès du journal L’Équipe comme un « futur Ballon d’Or ».
« Il a un potentiel à la Zidane. Il a cette créativité, cette finesse, cette efficacité. C’est ça qui en fait un joueur différent : les grands joueurs ont ce pouvoir, quel que soit le contexte, d’être décisif dans les 30 derniers mètres », décrit Patrick Vieira.
Dans le viseur des plus grands clubs
Courtisé par le Bayern Munich lors de l’été 2024, Michael Olise y signe un contrat de cinq ans pour 60 millions d’euros. Depuis, il fait le bonheur du club bavarois. Mais ses prestations au Mondial attirent les regards d’autres équipes.
Dans un éditorial particulièrement élogieux, le journal sportif espagnol Marca exhorte ainsi le Real Madrid à tout mettre en œuvre pour recruter le joueur français, allant jusqu’à suggérer, avec une pointe de provocation, de vendre son tout nouveau stade Santiago Bernabéu pour financer son arrivée. Intitulé « Tout ce qu’il faut pour signer Olise », l’éditorial va encore plus loin en plaçant Michael Olise devant Kylian Mbappé, pourtant considéré comme la nouvelle superstar des Merengue.
À lire aussiMondial 2026 : les joueurs à suivre pour leur première Coupe du monde
Selon Sport, le Real Madrid préparerait une offre colossale de 223 millions d’euros pour Olise. Ce montant dépasserait ainsi les 222 millions d’euros que le PSG avait versés à Barcelone pour Neymar en 2017, faisant du Français le joueur le plus cher de l’histoire.
Du côté du Bayern Munich, la réponse est pour l’instant négative. Selon Bild, le président Herbert Hainer a prévenu que « Florentino Pérez peut s’épargner la peine de formuler une offre ». Le directeur sportif Max Eberl a, lui aussi, fermé la porte à un départ en rappelant que le contrat de Michael Olise ne comporte aucune clause libératoire. « Il n’est pas à vendre, point final », a-t-il tranché dans les colonnes de 11Freunde.
Un joueur énigmatique
S’il brille sur les terrains, Michael Olise se montre très réservé en public et, avec son français encore approximatif, reste une énigme pour les suiveurs des Bleus. Il a d’ailleurs traversé la zone mixte mardi soir la tête enfouie dans la capuche de sa veste de survêtement, évitant soigneusement de croiser le regard des journalistes qui n’avaient d’yeux que pour lui, ou presque.
Et ses coéquipiers en équipe de France, qui l’apprécient unanimement autant qu’ils raillent allègrement ses mimiques atypiques lors des avant-matches, n’aident pas à percer le mystère.
« C’est un bon gars, je rigole beaucoup avec lui. Je le connais depuis qu’il a 19 ans », s’est contenté de commenter Jean-Philippe Mateta, aussi avare de mots que son ancien coéquipier à Londres. Et lorsqu’on l’a questionné sur celui qu’il côtoie depuis les Espoirs, Manu Koné, le milieu de terrain a rétorqué, avec un sourire malicieux : « Vous lui demanderez quand il viendra en conférence de presse ».
« Monsieur Nonchalant », comme il est surnommé en Bleu, n’y brillera probablement pas. Ce n’est pas son terrain de jeu. Il préfère s’exprimer sur la pelouse. Prochain acte samedi 4 juillet contre le Paraguay pour une place en quarts de finale du Mondial.
Avec AFP
Source:
www.france24.com



