La Haute Couture ne se contente plus de faire rêver : elle surprend et s’impose. Pour cette saison automne-hiver 2026-2027, les podiums parisiens ont envoyé un message clair : l’heure est à l’audace absolue et à la théâtralité. Qu’il s’agisse des premiers pas très attendus de Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga ou des expérimentations visionnaires de Schiaparelli et Dior, les créateurs s’affranchissent des règles classiques.
L’accessoire devient le cœur du récit, les étoffes traditionnelles cèdent la place à des matériaux insolites, et les silhouettes se déploient dans des proportions XXL. Décryptage d’une couture qui préfère définitivement prendre de la place plutôt que de se faire discrète.
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Les mains et les oreilles volent la vedette. Pour ses débuts chez Balenciaga, Pierpaolo Piccioli allonge des gants d’opéra en cuir violet jusqu’au coude, empilés sous des bracelets de cristaux et des ear cuffs démesurés. Chez Chanel, Matthieu Blazy détourne l’accessoire du quotidien en sac à main façon ours en peluche endormi, à porter comme un jouet précieux. Schiaparelli va plus loin encore : pour Daniel Roseberry, le bijou fusionne avec le vêtement, tentacules et anémones en silicone remontant jusqu’aux épaules comme une parure vivante. Trois maisons, une même idée : l’accessoire ne complète plus la silhouette, il la raconte.


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Adieu soies et satins, place aux matériaux qu’on n’attendait pas sur un podium couture. Daniel Roseberry, chez Schiaparelli, abandonne les étoffes nobles pour le silicone et le latex, sculptant des corsets façon créatures marines aux tentacules cinétiques. Kevin Germanier, lui, fait des invendus du groupe LVMH, de cristaux Swarovski et même de frites de piscine la matière première de ses crinolines explosives baptisées « Les Sulfureuses ». Deux approches, un même geste : détourner la haute couture de ses codes les plus sacrés, le luxe suprême et rare, pour prouver qu’il peut aussi naître du recyclage, du synthétique ou du presque incongru, sans jamais perdre en spectacle ni en démesure.


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Cette saison, la silhouette se gonfle et se sculpte. Jonathan Anderson multiplie les plis chez Dior jusqu’à donner au tissu une texture de pierre travaillée. Pierpaolo Piccioli, pour ses débuts chez Balenciaga, imagine des jupes ballon et des silhouettes façon cocon aux volumes presque gargantuesques, réchauffées par une palette vive de rose, vert, rouge et violet. Viktor & Rolf pousse la logique à l’extrême en opposant sur un même podium l’opulence la plus baroque à une austérité presque minérale. Trois façons de dire la même chose : cet hiver, la couture préfère prendre de la place plutôt que de se faire discrète.


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Source:
www.challenges.fr



