La direction du groupe automobile en crise discute avec les représentants du personnel et des actionnaires d’un plan de restructuration sans précédent.
La direction de Volkswagen risque un « conflit majeur » avec ses salariés si elle met à exécution un plan de restructuration synonyme de fermetures d’usines en Allemagne, a prévenu jeudi Thorsten Gröger, responsable syndical, lors d’une déclaration au siège du groupe à Wolfsburg.
« Nous résisterons de toutes nos forces à toute attaque (…) sur les effectifs du groupe Volkswagen et sur nos usines », a dit aussi ce négociateur du syndicat IG Metall, dans un communiqué distinct.
Des manifestations syndicales se sont déroulées dans de nombreuses usines, comme à Zwickau, qui emploie 8.000 personnes, convertie pour fabriquer exclusivement des voitures électriques, dont les ventes se font plus lentes que prévu. « Toute la région vit de VW. La région est morte si VW part », témoigne Denny, 48 ans, qui travaille pour un fournisseur voisin. Il dit ressentir la menace de la concurrence, notamment chinoise et de la demande qui se dégrade.
« Ce site ne sera pas fermé, pas contre notre volonté, nous le défendrons », a martelé Thomas Knabel, le directeur d’IG Metall de l’usine devant environ 200 manifestants venus protester, l’un d’entre eux déguisé en Grande Faucheuse, une faux à la main.
La direction du groupe automobile en crise débat jeudi avec les représentants du personnel et des actionnaires d’un plan de restructuration sans précédent. Le président du directoire, Oliver Blume, envisage 50.000 suppressions de postes supplémentaires dans le monde, la fermeture de trois usines Volkswagen en Allemagne et d’un site Audi, selon des informations publiées fin juin par le Manager Magazin.
Le groupe a déjà engagé un plan prévoyant la suppression de 50.000 emplois en Allemagne d’ici à 2030, dont 35.000 au sein de la marque VW en accord avec les syndicats, ce qui ferait un total colossal de 100.000 postes.
Choc chinois
Un porte-parole du groupe n’a ni démenti ni confirmé ces informations, mais a souligné que Volkswagen devait « améliorer sa compétitivité », prônant une « discipline encore plus rigoureuse en matière de coûts et d’investissements ». Au coeur de la crise qui touche « Das Auto », la Chine, longtemps premier marché du constructeur mais où ses ventes s’effondrent.
Les marques chinoises détenaient près de 70% de leur marché domestique l’an dernier, contre moins de 40% en 2020, selon l’Association chinoise des constructeurs automobiles. Elles gagnent également du terrain à l’international grâce à des modèles électriques compétitifs en termes de qualité et de prix, taillant des croupières à Volkswagen comme aux autres constructeurs allemands et européens.
Le groupe allemand, qui écoulait, ses meilleures années, quelque onze millions de véhicules, majoritairement produits en Europe, en a livré à peine 9 millions en 2025. La suite ne s’annonce pas meilleure, si bien que la fermeture de sites industriels allemands est sur la table.
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