Le trafic est « perturbé » sur plusieurs lignes vers Rouen, Le Havre, Deauville, Caen… jusqu’à ce dimanche inclus.
C’est une mauvaise surprise pour les nombreux voyageurs qui voulaient prendre le train vers la Normandie ou en revenir en ce week-end de chassé-croisé, et pour la SNCF. La CGT Cheminots et SUD-Rail ont appelé les cheminots des lignes normandes à se mettre en grève ce week-end (jusqu’à ce dimanche inclus). Une grève qualifiée d' »inopinée » par la compagnie ferroviaire et qui a des conséquences lourdes sur le trafic.
Le mouvement est plutôt suivi. La circulation des trains est en effet « perturbée » sur les lignes Le Havre-Rouen-Paris, Cherbourg-Caen-Lisieux-Paris, Trouville-Deauville-Paris, Rouen-Vernon-Paris et Caen-Bernay-Evreux-Paris avec un nombre important de trains annulés (environ 40%). La circulation des trains est par contre normale sur Paris-Granville et sur l’ensemble des autres lignes du réseau Nomad. « Compte tenu de l’affluence prévue sur le week-end », l’entreprise préconise « dans la mesure du possible » de « reporter son voyage ».
Si la SNCF parle de grève inopinée, les deux syndicats soulignent qu’ils ont alerté leur direction depuis des semaines, dénonçant une accumulation de problèmes ayant poussé les agents à bout. « L’ensemble des organisations syndicales ont pris leurs responsabilités. C’est un mouvement unitaire », souligne Jéremy Tabarny, secrétaire général de la CGT Cheminots, qui déplore « un manque de dialogue » avec la direction.
Prime de 80 euros
Le malaise prend racine il y a plusieurs mois déjà avec la « crise des essieux » des trains de banlieue de la ligne J, une ligne très fréquentée qui relie la banlieue ouest à Paris-Saint-Lazare. Un défaut sur le rail a endommagé les roues de dizaines de trains qui ont dû partir en réparation. Conséquences, des trains bondés aux heures de pointe, des trajets allongés, des passagers excédés et des agents en première ligne. Et la situation perdure plus ou moins depuis avril…
Puis est venue la canicule. Les syndicats reprochent à la direction d’avoir maintenu « 100% de la production, comme si de rien n’était ». Surtout, ils épinglent un « marasme organisationnel » des journées de travail sur ces lignes avec des plannings très changeants. À France 3, un agent militant syndical dénonce par ailleurs « une direction locale qui applique une feuille de route productiviste et autoritariste ». « Nous sommes asphyxiés par toutes ces dégradations », résume SUD-Rail qui parle d’agents « harassés et furieux » par ces semaines de difficultés.
La direction locale de la SNCF a bien tenté de calmer les esprits en versant une prime de 80 euros à tous les cheminots. En vain. Ces derniers exigent « les moyens nécessaires pour que nous n’ayons plus à vivre ce genre d’épisode ».
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