Certains bureaux de poste girondins ont fermé à cause des incendies, empêchant les employés de se rendre au travail. D’autres salariés ont eux-mêmes été évacués. La Poste a décidé de maintenir les salaires, mais à condition que les salariés posent des jours de congé ou rattrapent leurs heures.
Certains y voient une « double peine ». En plus de subir les conséquences des incendies, de nombreux salariés de la Poste en Gironde ont eu une mauvaise surprise. Ceux qui n’ont pas pu venir travailler devront rattraper leurs heures ou poser des congés. De fait, le travail a été fortement perturbé par les feux de forêts sans précédent qui ont ravagé des zones immenses en Gironde. 20 bureaux de postes ont notamment été fermés, tout comme la plateforme de Cestas, qui gère le tri du courrier de dix départements du Sud-Ouest, ce qui a immobilisé 700.000 plis, comme le rapporte Sud Ouest.
Logiquement, leur lieu de travail étant fermé, les employés n’ont pas pu aller au travail. Mais La Poste veut leur faire rattraper ces journées perdues « à raison d’une heure par jour maximum. Ce sont des heures supplémentaires non payées », explique Johnny Perré, délégué syndical CGT-FATP du département dans une vidéo publiée sur Facebook.
« On n’est pas responsable de ce qu’il se passe »
Autre cas de figure : de nombreux salariés ont dû être évacués de leur domicile, en raison de l’approche des feux ou des fumées. Dans ce cas-là, La Poste leur demande de poser des jours de congé s’ils ne se rendent pas au travail.
« On n’est pas responsable de ce qu’il se passe, s’insurge une factrice auprès de France 3 Aquitaine dans un article publié le 29 juillet. Je suis allée me réfugier loin du feu car en tant qu’asthmatique, j’ai peur des fumées toxiques. Les autorités n’ont pas encore autorisé le retour des habitants dans ma ville, et les routes sont fermées. »
« C’est complètement inadmissible (…) Ce qu’on demande c’est un peu d’empathie, un peu de compassion pour nos collègues en difficulté qui dorment dans des gymnases, dans des salles des fêtes, dans leur famille… »
Un préavis de grève
De son côté, La Poste met en avant le maintien de salaire. « Concernant les collaborateurs touchés par les mesures d’évacuation, chaque situation est examinée individuellement, explique le groupe à France 3. Lorsque les mesures d’évacuation ou les restrictions de circulation empêchent l’exercice de l’activité et qu’aucune autre solution n’est possible, le Groupe La Poste maintient la rémunération des postiers concernés malgré la suspension temporaire de leur activité ».
Les entreprises privées ont le droit de recourir au chômage partiel. Dans ce dispositif utilisé en cas de ralentissement ou d’arrêt de l’activité, le salaire n’est maintenu qu’à hauteur de 72%, une partie étant prise en charge par l’État. Pour La Poste, qui est une entreprise publique, les syndicats réclament la mise en place d’autorisation spéciale d’absence (ASA). La CGT a déposé un préavis de grève.
Par ailleurs, le syndicat a annoncé avoir signalé un danger grave et imminent en CSE en raison des fumées toxiques. Johnny Perré accuse La Poste de ne pas suffisamment protéger ses salariés, notamment en ne mettant pas à disposition des masques FFP2. De son côté, l’entreprise assure à France 3 « appliquer les recommandations des autorités ».
« Nous mettons à la disposition des postiers vulnérables, sur indication du médecin du travail, des masques FFP2. »
L’entreprise postale cite également « la limitation des déplacements et du temps passé à l’extérieur pour réduire l’exposition à la fumée » ou « la limitation d’activités impliquant des efforts physiques ».
Source:
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