Sport"On était tous d’accord pour dire que ça allait marcher": comment Vincent...

"On était tous d’accord pour dire que ça allait marcher": comment Vincent Kompany a acquis sa crédibilité en tant qu’entraîneur du Bayern Munich

Arrivé sur le banc du Bayern en juillet 2024, Vincent Kompany a rapidement séduit et fait désormais l’unanimité. Que ce soit auprès des observateurs à Munich comme auprès des joueurs qu’il a encadre ces sept dernières années.

Ce mardi, au Parc des Princes, Vincent Kompany connaîtra son 267e match comme entraîneur, le 106e sur le banc du Bayern Munich, à seulement 40 ans (depuis moins d’un mois). Une évolution vitesse grand V pour le Bruxellois, enfant d’Anderlecht qui l’a vu démarrer sa carrière de joueur comme d’entraîneur.

Et c’est d’ailleurs dans le rôle d’entraîneur-joueur que le Mauve de formation a débuté l’aventure comme l’ont aussi été Guy Roux à Auxerre, Jean-Michel Larqué au PSG, Ruud Gullit à Chelsea ou encore Kenny Dalglish à Liverpool ainsi que de nombreux encadrants du football amateur. « C’était assez particulier », se souvient Killian Sardella, latéral droit d’Anderlecht. « Quelque chose de spécial parce qu’il faisait les entraînements et jouait avec nous et des fois, pendant la séance, il arrêtait le jeu pour donner des consignes puis on recommençait. Il faisait les tactiques et s’entraînait à la fois je trouvais ça complètement fou, il a fait un an comme ça. »

Une certaine proximité avec ses joueurs

Et a fini par faire monter Killian Sardella, fraîchement promu des U17 en U21, dans l’effectif senior pour le lancer dans le monde professionnel sur le côté droit de la défense d’Anderlecht à 17 ans: « Ça a toujours été un rêve pour moi de jouer avec lui. En plus on me comparait toujours au club en me disant que j’étais le futur Vincent. Il trouvait ça marrant et un jour m’a dit que c’était mon moment, que je devais jouer sans pression. Quand tu es jeune du club, surtout à Anderlecht, dans un projet comme c’était le cas à l’époque où le club voulait lancer le plus de jeunes possibles, tu as forcément la pression, d’autant plus que les résultats n’étaient pas dingues. Mais il m’a fait confiance, m’en donnait surtout beaucoup et en jouant à côté de lui sur le terrain il me parlait beaucoup. Je me souviendrai toujours de la façon dont il m’a aidé pour mon premier match à me dire ‘va à droite, à gauche, serre, monte dessus’, c’était déjà un coach. » Les résultats étant loin d’être satisfaisants, les critiques commencent à arriver en Belgique. « Il fallait que les choses se rodent mais nous dans le vestiaire on savait que le travail qu’il faisait était exceptionnel et que le processus allait prendre du temps. »

Le FC Bayern vers un triplé ?

Vincent Kompany raccroche finalement les crampons et se concentre à 100% sur son rôle d’entraineur, tout en gardant une certaine proximité avec les joueurs. « On n’était pas dans un rapport joueur-entraîneur, en tout cas, étant tous les deux Bruxellois, je le voyais plus comme mon grand frère. Il avait ses propres relations avec chaque joueur. » Une proximité que Maxime Estève a aussi pu constater à Burnley.

Structures gonflables, exigence et respect

C’est d’ailleurs pour Vincent Kompany que le gamin de la Paillade, rêvant de jouer en Premier League, fait le choix de quitter Montpellier pour rejoindre Burnley où l’ex-roc des Diables Rouges atterri en 2022: « C’est avec lui que je me suis directement entretenu et l’avoir comme coach, moi le défenseur central… je savais que j’allais progresser. Son discours m’a tout de suite plu. »

L’Héraultais y rencontre une personne très accessible: « Il était jeune parce qu’il avait arrêté sa carrière il n’y a pas si longtemps donc ça aide aussi pour être très très proche des joueurs, c’était aussi le cas de ses adjoints. On n’avait pas de rendez-vous hebdomadaires dans son bureau, il n’y avait pas de barrière et on pouvait rigoler quand il venait à la cantine par exemple. On était un peu dans une petite bulle tous ensemble. » Et ce malgré une saison compliquée conduisant Burnley à la relégation en Championship.

Pas de quoi freiner la dynamique de groupe. « On termine la saison et peut être une semaine ou dix jours avant de partir en vacances on est convié à une journée au club avec toutes les familles invitées sur une journée ensoleillée ce qui est à rare à Burnley », se souvient Maxime Estève. « On arrive et on voit des structures gonflables pour les enfants, des grillades, des stands de barbe à papa. J’ai demandé au club si c’était eux qui avaient organisé ça et on m’a répondu que c’était une décision du coach, en adéquation avec le président. Et pourtant on venait de descendre, tu te dis que le club est au plus bas. Franchement ça m’avait marqué. »

Mais quand est venu le temps de travailler, le temps est à la rigueur et la précision. « Il sait exactement ce qu’il veut tirer de toi et me l’a dit dès mon arrivée d’une manière assez claire », reprend Estève. « Ses idées de jeu étaient magnifiques, c’était un nouveau football pour moi. Un coach qui cherchait à jouer de l’arrière même si on était mal classé, la recherche constante de l’homme libre sur le terrain dans une football qui se joue défensivement homme pour homme en Angleterre, quelque chose de vraiment pointilleux, en bossant sur les axes de mouvements. On travaillait toute la semaine là-dessus pour le reproduire le week-end. Si quelque chose n’allait pas à la 20e minute d’un match, il n’hésitait pas à changer. »

Sur les séances d’entrainement, où la patte Guardiola se fait remarquer par les acteurs du jeu, Kompany ne cesse de prendre la parole, dirigeant lui-même en grande majorité les séances tactiques: « Il déléguait à ses adjoints 20% du temps peut être sinon c’était lui et quand s’il voit une chose de bien, il te met en valeur et va m’encourager, me pousser à le refaire encore et encore jusqu’à ce que la réalisation soit parfaite. J’ai beaucoup progressé dans mes sorties de balles avec lui. »

Killian Sardella se souvient lui de pions sur tableau blanc. « Son souci du détail tactique m’a vraiment surpris », avoue le jeune international belge (1 sélection). « Je prends un exemple bête. Dans le vestiaire on avait un tableau et les pions étaient en forme d’humains avec des épaules. En fait, il prenait ça pour nous faire bosser sur l’orientation de nos épaules. Il appelait un joueur et lui disait ‘Tiens, le ballon est à gauche, qu’est-ce qu’on doit faire?’ Le joueur déplaçait le pion et retournait s’asseoir et lui disait ‘Non, non. Lui il doit être tourné comme ça, à trois quarts ou à demi’. Je trouvais ça fou, c’est exceptionnel tout ce que j’ai appris en trois ans avec lui. »

La discipline est également un des chevaux de bataille de Vincent Kompany. De quoi faire sourire Maxime Estève. « Ah les retards! », rigole le défenseur de Burnley. « Je l’ai vu crier sur des joueurs je n’aurais pas aimé que ce soit moi. Franchement, le respect est hyper important pour lui. Le fait d’être toujours à l’heure mais aussi le body attitude. Quand il estime que tu n’as pas là bonne et que tu manque de respect il peut devenir très dur, prendre une grosse présence. Je l’ai déjà vu très très énervé s’il voyait que quelqu’un donnait le minimum par exemple. »

Il y a quelques jours, Bild a révélé qu’un jeune joueur du Bayern de 17 ans, Wisdom Mike, s’était endormi lors d’une réunion d’équipe gérée par le coach après avoir passé la soirée précédente avec un autre joueur, prêté dans un autre club, jusqu’à tard dans la nuit. Kompany aurait selon le média allemand fait preuve de clémence en public avant de s’entretenir de manière privée avec son jeune joueur puis le père de celui-ci avant de le sanctionner d’une semaine d’exclusion de chambre du campus et l’amener à payer les frais d’hôtel.

Culture foot et Bayern-compatible

L’incident étant clos, le jeune joueur a pu retrouver le groupe. Afin de peut être bénéficier de nouveaux conseils de son coach via des séances vidéo d’autres joueurs évoluant à son poste. Maxime Estève en a connu quelques-unes: « Il connaît énormément de joueurs et regarde un tas de vidéos. Plusieurs fois, il me parlait d’autres joueurs, de défenseurs de Ligue 1 ou autre, de certains profils. Il me demandait ce que je pensais d’un tel ou un tel et tu te dis ‘Oh! Comment il connait autant de joueurs?' » Pas étonnant pour Killian Sardella: « Il a une culture foot de fou. Il mange foot matin, midi et soir. Il fait une longue carrière et ne s’est même pas arrêté pour enchaîner entraineur-joueur puis entraineur. Il adore ça, c’est un fou de foot. »

De quoi attirer les yeux bavarois du Bayern Munich à l’été 2024, alors qu’il sortait d’une saison compliquée en Angleterre. « C’est un sacré gap de passer d’une descente à Burnley à coacher le Bayern », reconnait Estève. « Mais dans le vestiaire, on en parlait et on était tous d’accord pour dire que ça allait marcher. »

Toujours respectueux, Vincent Kompany a tenu a appelé le défenseur français pendant ses vacances pour lui annoncer qu’il rejoignait Munich. « Quelques jours avant, en fin de saison, je lui avait demandé s’il restait malgré la descente, aussi pour mon avenir à moi. Il m’a dit ‘Max oui, normalement je reste’. Donc quand il appris qu’il parait on s’est parlé au téléphone pendant 25 minutes car il ne voulait pas que je l’apprenne autrement. On a échangé, il m’a dit que c’était une bonne expérience pour moi de découvrir la Championship, que j’allais progresser dans mon jeu avec et sans ballon dans une équipe dominante et que j’allais prendre du plaisir, que ma valeur n’allait pas forcément baisser parce que je restais en Championship. »

Le discours du Belge reste dans la tête du défenseur qui appelle immédiatement son agent en lui faisant part de son souhait de rester à Burnley. Quand il remporte la Bundesliga avec le Bayern, son ex-joueur lui adresse ses félicitations par message: « Il m’avait répondu de suite en disant qu’il nous suivait en Championship. »

Il était évident pour Maxime Estève que son ancien entraîneur allait cartonner aux manettes d’une grosse écurie européenne: « Il est proche des joueurs, il a des idées, connait super bien le football, chaque joueur. » Pour son protégé Killian Sardella ce n’est pas une surprise non plus: « Il a cette qualité rare de faire progresser tous les joueurs, jeunes comme plus anciens. Je ne suis même pas étonné de voir ses résultats. Il était évident que si tu lui mettais une des meilleures équipes du monde entre les mains il allait faire des choses exceptionnelles. » Sans dénoter dans un vestiaire comme celui du Bayern Munich. « Il a cette aura, il dégage vraiment quelque chose et on parlait de respect de sa part mais il est énormément respecté car il a aussi une grosse carrière derrière lui. Il parle super bien, a toujours des bons discours, une vision footballistique exceptionnel et tactiquement c’est fou. »

« Il a convaincu tout le monde »

Champion l’an dernier, Vincent Kompany est parti pour décrocher le doublé Coupe-championnat cette saison avec une attaque record (109 buts inscrits en Bundesliga au soir de la 30e journée). Sa popularité comme entraîneur n’est plus à refaire en Allemagne. « Il a convaincu tout le monde », avoue le présentateur du podcast Bayern Insider et chef à Bild. « Il était septième sur la liste mais il est toujours très proche des joueurs, c’est son secret, il sait comment pensent les joueurs. La différence avec les entraîneurs d’avant qui parlaient beaucoup de l’équipe dans les médias, lui ne parle jamais de joueur en particulier, juste de l’équipe et les joueurs aiment ça. Il y avait son anniversaire, ses 40 ans et tout le monde l’a fêté, a chanté pour lui dans le vestiaire. Les joueurs l’aiment et feraient tout pour lui. »

Ce pourquoi des joueurs comme Musiala, Davies, Kimmich ou Upamecano ont prolongé leur contrat en Bavivère. Journaliste chez SkySports, Kerry Hau abonde dans ce sens: « Kompany est très aimé de tous, c’est aussi une très bonne personne pour les journalistes c’est un plaisir de travailler avec lui. Il nous fait toujours sentir qu’il nous respecte c’est très important, il respecte les fans, les joueurs, les plus hauts gradés dans le club. Si on veut parler foot il le fait, mais aussi des autres sujets comme le racisme avec Vinicius. Ça montre son caractère, c’est un garçon très intelligent. »

Rencontrés dans les rues de Munich, les supporters n’en pensent pas moi. Undo, lui a été surpris du fait que le match entre l’entraineur et le club se soit fait si rapidement: « Ce qui me plait chez lui c’est qu’il est prêt à apprendre car il est jeune et toujours inexpérimenté. L’an dernier, on s’était fait avoir à trop attaquer et se découvrir et moins défendre. Cette saison on est moins cavaliers, on subit moins d’occasions. Il a peut-être appris la leçon. » Clément reconnait lui qu’au début: « C’était compliqué. Les gens ici n’étaient pas forcément derrière lui mais maintenant tout a changé. Je pense que c’est un des clubs les plus durs au monde et la façon dont il le fait c’est quand même incroyable en étant si jeune, c’est impressionnant. »

Et s’il en reste encore, les non-convaincus changeront peut-être d’avis si Vincent Kompany fait remporter au Bayern Munich une septième Ligue des champions, la première depuis six ans.

Clément Brossard, avec Valentin Jamin depuis Munich


Source:

rmcsport.bfmtv.com

Articles récents

spot_img

Articles récents

Annonce publicitairespot_imgspot_img

Encore pire que prévu pour l'OM? Les prédictions très pessimistes pour une qualification européenne… même en Ligue Europa et Ligue Conférence

Les prédictions d'Opta ne donnent pas cher de la peau de l'Olympique de Marseille pour la fin de saison. Selon les statistiques, les chances...

DIRECT. Mercato : suivez en live les infos et rumeurs du 4 mai 2026

08h18Benfica : le message de Prestianni à OtamendiQuel avenir pour Nicolas Otamendi ? Le défenseur central de 38 ans est en fin de contrat...

Ligue des champions: "Le dire ça me fait un peu mal", supporters, joueurs… l’Europe du foot attend avec impatience le match retour Bayern-PSG

Après un match aller légendaire (5-4 pour le PSG), le PSG et le Bayern Munich livrent une deuxième bataille ce mercredi soir en Allemagne....